PREUVE
Partez pour l’Italie, cheminez à travers La confiance
ses campagnes, arrêtez-vous à la lisière des cultures et causez avec les paysans.
À Pauberge, tandis que quelque belle et robuste fille à la peau ambrée vous apporte un fiasco de ce vin qui sent la müre et l’airelle, demandez autour de vous ce que l’on pense de la politique italienne.
Dans les villes, à Rome, à Milan, à Turin, à Gênes, où le travail est roi, interrogez les commerçants, les industriels, les arma- Ho Ft vous entendrez ceci :
unanime.
— C’est comme une ère nouvelle qui s’ouvrirait pour l'Italie. Pour la première fois depuis bien longtemps, nous avons un chef de gouvernement qui parle un autre langage que le langage politique.
M. Giohitti, M. Nitti, M. Facta, c’étaient des politiciens qui, dans leurs discours et leurs allocutions aux citadins ou aux paysans, aux ouvriers ou aux patrons, semblaient toujours s'adresser à une assemblée parlementaire invisible, en sorte que leurs paroles dépassaient l’auditoire auquel, cependant, elles étaient destinées. Il en résultait un manque de liaison entre le public et les Pouvoirs, une incompréhension de la part du premier, et, de la part des seconds, une méconnaissance totale des besoins de la nation, de ses aspirations et de ses craintes.
En effet, tout différent est Mussolini qui n’a pas reçu l'éducation des ordinaires hommes d’État. Il n'a pas, comme tant d’autres, noué ces camaraderies de collège qui retentissent si fâcheusement sur l’indépendance d’esprit des politiciens arrivés; son intelligence n’a pas été coulée dans le moule arbitraire qui rend si pareillement médiocres tous les hommes d’une certaine catégorie; son Jugement na pas reçu cette courbe spéciale qui permet d'ignorer les périls et de pratiquer de la meilleure foi du monde la politique d’autuche Enin il nest pas de ceux qui, profondément enfoncés dans le fauteuil ministériel, disent, lorsque les difficultés StNeISSEnt, : € On devrait faire ceci...
pourquoi na-t-on pas fait cela ?.… »
Mussolini, lui, est issu des couches pro-
fondes, jailli du fertile humus où plongent et se nourrissent les racines du peuple ; de bonne heure il a dû batailler pour vivre ; 1l a travaillé tôt et durement ; l’aurore a souvent vu sa lampe allumée.
Ainsi des idées neuves et impatientes ont grondé en lui ; pour les jeter dans l’'espace, il est devenu polémiste, et de polémiste, proscrit. C’est l’école des aigles.
Dans l'exil, 1] vit comme il peut, mais 1l pense comme il veut. La pauvreté fouaille sa colère, irrite son génie, trempe sa résistance. Il parle un net langage, dépourvu de grâces de rhétorique, il écrit des articles stridents.. Et, quand son jour arrive, il est armé comme :il faut l'être, il a tout ce que la lutte exige : carrure, volonté, autorité !
Autorité réconfortante et volonté com-
municative. Le mouvement fasciste, si puissamment conduit, a rendu à chacun, en Italie, ce vaillant optimisme sans lequel les nations méditerranéennes ne sauraient croître ni prospérer.
Autorité réconfortante par cela même qu'on la sent inflexible ; autorité qui a sa source dans un patriotisme qui ne transige pas. Sa doctrine de chef d'Etat, Mussolini, dès le premier jour l’a proclamée à la face de tous:
« Je veux gouverner avec l’assentiment du plus grand nombre. Mais, aussi longtemps que cette majorité ne se formera pas, 1! me faut réaliser le maximum de force disponible. Car cette force même créera plus tard l’assentiment que je souhaite, et, si l’assentiment fait défaut, la force, du moins, subsistera.
Nationalisme.
« Dans toutes les résolutions que nous prendrons, nous placerons les citoyens devant ce dilemme : ou bien les accepter par esprit de patriotisme, ou bien les subir. Ce n’est pas autrement que je conçois l'État et l’art de gouverner. »
Si chaque Italien, à l’heure où nous sommes, goûte un repos d'esprit dont la véhémence socialiste ne l'avait que trop privé, c'est qu'en lui la notion de conscience $'est refaite. Le Nationalisme adopté par Mussolini et ses Fascistes peut être appelé en effet : le réveil de la conscience nationale. « Des mots! s’écrieront les négateurs ; un système politique impose un tracé plus net! > Ceci n’est pas absolument
certain et Mussolini l’a dit aux Milanais, un jour : « Il faut que nous soyons tantôt gaiement révolutionnaires, tantôt réactionnaires fiefiés ! > À quoi bon un programme rigide qui ne cadre pas avec les circonstances, que signifie un système politique fait d'avance et applicable aux événements au petit bonheur ?.. Est-ce à dire que le Nationalisme italien demeure encore imprécis?’ Non pas, ses buts sont aussi fixes que ses chemins pour y atteindre sont droits :
Paix à l'intérieur ; extinction de la lutte des classes ; fusion obligatoire des partis au profit du travail et, par conséquent, de la prospérité.
Régénération du travail par une nouvelle doctrine syndicaliste. Adoption d’un régime économique moins étroit.
Modification de la représentation politique. Suppression d’un Parlement incompétent pour faire place à une Assemblée susceptible de connaître des problèmes qui lui sont soumis. Subordination absolue de lintérêt particulier à l’intérêt général.
Abandon par l'Etat de sa mainmise sur les services ou exploitations publics.
Renforcement du pouvoir de l'Etat dans ses trois domaines stricts :
1" l'ordre public:
2° la défense nationale ;
3° l’enseignement.
Telles sont les paroles que m'a dites
Mussolini, à Rome, au printemps de cette
année.
Enfin, harmonie, liberté, discipline, union des droits et des devoirs, travail, confiance, patriotisme. Et, à l'extérieur,
redressement du prestige national, sans impérialisme aucun.
Mussolini a dit encore :
« Nous marchons droit à la réalité. Il y a des valeurs sorties du prolétariat qui doivent être protégées et encouragées ; il faut pourtant admettre que la bourgeoisie, responsable des entreprises, puisse gouverner tranquillement ses affaires. Tout le peuple doit rivaliser dans le concours des volontés dont Mazzini définissait les conditions : liberté et discipline.
« Et il faut travailler, la restauration du pays est urgente! Le communisme est une prétention grotesque, digne d’une tribu sauvage. Il est ridicule de vouloir partager ce qui n'existe pas, ridicule de vouloir socialiser la pauvreté et de parler de communisme dans un pays où les
LS
L'œuvre accomplie.
hommes sont délicatement, divinement personnels.
« … Pour l'Italie, il n’est plus question d’entrer dans le socialisme, nous y sommes déjà. Il s’agit d’en sortir. Il s’agit de retirer à l'Etat des attributions pour lesquelles il na pas de compétence et dont il s’acquitte mal. On ne reconstrura pas à moins. » |
Voilà qui est vigoureux et qui en dit
long!
On l’a dit, le gouvernement fasciste est un gouvernement de travail: on ne le répétera jamais assez. Ce relèvement pour ainsi dire instantané de l’Itahe se passe
de commentaires; cependant, les phrases
les plus persuasives ne valent pas un document..… Or, ici, les documents ont une beauté sans égale.
Pour la clarté de notre démonstration, il devient nécessaire que nous entrions dans quelques détails administratifs et que nous fassions même un peu de
comptabilité.
Le gouvernement fasciste a immédiatement mis à l'étude la solution des nombreux problèmes économiques et financiers qui paralysaient la vie de Ia nation; à cet effet 1l a envisagé des mesures de trois sortes différentes :
a) Restauration de l’organisation privée de la production, plus économique et plus
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Réorganisation financière.
LA RUE U MMM ME UE CN 1 11) AS MT AN EUR SAT SEEN LITE # A | Su NF
rémunératrice que l’organisation d'Etat;
b) Protection du capital privé, ce qui, d'une part, engage à économiser et, d'autre part, incite les épargnants à mettre en circulation leurs capitaux ;
c) Reconnaissance de la nécessité du capital comme élément essentiel à la production, étant donné que la propriété privée du capital est l’unique moyen qui permette d'obtenir la constitution et l’accroissement de la richesse.
Ce problème est celui qui prime tous les autres dans l'esprit du nouveau gouvernement ; sous les gouvernements précédents le capital était l’objet d’entraves sans nombre; tout au contraire le gouvernement fasciste désire en favoriser, par tous les moyens possibles, accumulation.
En outre, le gouvernement se préoc-
cupe d'assurer au travail une protection équitable, le travail étant le second facteur de la production. Capital et travail sont donc les deux bases sur lesquelles repose tout l'édifice de réorganisation économique et financière de la nouvelle Italie.
Trop longtemps en Italie on à considéré le problème fiscal en le tenant éloigné de sa base naturelle qui est l’écono-mie de la nation. Le nouveau gouver-nement estime quil ne pourra réaliser des recettes abondantes qu’à la condition d'apporter, dans la production, une telle aisance et un tel bien-être que les ex1gences fiscales soient considérées comme normales par les premiers intéressés.
Le problème fiscal.
Abolition de la nominativité obligatoire des titres.
L'œuvre financière tend avant tout à simplifier l’organisation fiscale qui, déjà confuse avant la guerre, a acquis depuis encore un surcroît de complications. II s’agit également de supprimer quantité d’exemptions fiscales non justifiées et aussi de mettre un terme aux évasions fiscales.
Ce sont là les points principaux du programme arrêté par l’éminent ministre des Finances et du Trésor, M. de Stefani.
On sait qu’une loi prévoyait la nominativité obligatoire des titres, et cela en vue d'empêcher les évasions fiscales relativement à l'impôt sur la richesse mobihère. Cette loi eut pour résultats immé-
diats de mettre les capitalistes en défiance
contre toute forme d'emploi de leurs disponibilités, soit en titres d’État, soit en titres privés. Le gouvernement a pu se rendre compte, dès l'abolition de cette loi, qu'il avait restitué au public une confiance sans laquelle toute collaboration financière est impossible.
Des dispositions spéciales ont été arrètées pour faire bénéficier d’une exemption de l'impôt sur la richesse mobilière lès emprunts et obligations contractés et placés à l’étranger. Cette exemption à un caractèré temporaire; en eflet elle est appliquée aux emprunts qui seront contractés et aux obligations qui seront placées à l'étranger jusqu’au 31 décembre 192$. Elle peut être accordée :
J° Aux sociétés nationales quelle que
soit leur forme ;
RP pie Ra
2° Aux sociétés constituées ou quise cons titueront à l’étranger pourvu, cependant, que leur siège social et l’objet principal de leur entreprise soit dans le royaume ;
>° Aux communes et aux provinces ;
4 Aux institutions légalement constituées.
Cette mesure d’exemption — qui ne peut être concédée que par le Ministre des Finances avec l'autorisation du Conseil des Ministres — a supprimé l’une des entraves les plus importantes à lapport des capitaux étrangers en Italie. Jusqu’à présent les propriétaires qui exploitaient directement leurs propriétés n'étaient pas astreints au paiement de l’impôt sur les revenus de ces dernières. Le nouveau gouvernement à estimé qu'il y avait là une inégalité injustifiée et a étendu
le dit impôt à cette catégorie de revenus.
Il est possible que l'impôt de richesse mobilière soit applicable à certains salaires ouvriers, par exemple lorsqu'il s'agit d'ouvriers qui, en raison de sociétés ou.
organismes dont ils dépendent, de rétributions perçues, se trouvent dans une condition privilégiée, tels que ouvriers d'Etat, des Provinces, des Communes et des exploitations autonomes.
Hormis l’impôt extraordinaire sur le patrimoine, tous les impôts extraordinaires devront prendre fin le 31 décembre 1923.
Déjà pour cette année, on a réduit de moitié les aliquotes des impôts sur les administrateurs et directeurs de sociétés par actions.
Enfin, en matière de législation douanière, le gouvernement a montré, aussi
bien par la conclusion d'accords commerciaux que par les remaniements tarifaires, qu’il est résolu à suivre une politique qui améliore les conditions pénibles des consommateurs, tout en prenant en considération néanmoins les conditions actuelles de la production italienne. Notamment en ce qui touche à la production, au commerce et à la consommation du blé, le gouvernement a reconnu la nécessité de proroger l’exemption douanière de ce produit ; en outre il a réduit sensiblement les droits auxquels sont soumis les farines et leurs dérivés. Il a réduit de 7/10 à 2/10 le coefficient de majoration applicable aux droits de douane sur le sucre. Il a procédé à l'abolition du droit de douane sur les engrais chimiques, phosphatiques et azotés.
Une mesure d’une importance capitale, inspirée par le renforcement nécessaire de Pinstitution de la famille, inséparable de l'unité de la nation, a été décidée par le Conseil des Ministres. Il s’agit de labolition complète de tous impôts sur donations et successions entre les
membres d’une même famille.
Le gouvernement a aussi aboli quantité de dispositions qui avaient pour premier effet de restreindre la liberté du commerce, entre autres celle de l’equo prezzo (juste prix) dont la classe commerçante retirait plus de vexations que les consommateurs de bienfaits réels.
Dans le même ordre d'idées, le nouveau
Abolition des droits de successions.
Pour développer l’activité
économique.
Régime du travail.
gouvernement a résolu d'abandonner le principe du monopole concernant les assurances sur la vie, monopole sanctionné par la loi du 4 avril 1912.
Au point de vue travail, le gouvernement de Mussolini entend donner aux classes ouvrières la notion d’une élévation morale et matérielle qu’elles n'ont Jamais connue jusqu Ici.
Le chômage peut être considéré comme une atteinte même à la dignité de Îla classe ouvrière. A l'heure présente le nombre des chômeurs, qui a grandement diminué, n’est plus que d’environ 30.000.
Le labeur du gouvernement tend à augmenter les débouchés de la main-
d'œuvre italienne à l'étranger et à accroitre les possibilités de travail à l’intérieur.
Pour ce qui concerne ce dernier, une partie importante du fonds national, de chômage sera désormais affectée à des avances provisoires pour des entreprises de travaux publics, particulièrement propres à employer de la main-d'œuvre.
Simultanément, une organisation plus eflicace des services de placement et d'assurance contre le chômage involontaire, permettra de réduire progressivement celui-ci.
HoStiiquestion, enfin, de créer un Conseil de l'Économie nationale pour remplacer le Conseil supérieur du Travail.
Ce Conseil de l'Economie nationale aura mission d'apporter une solution à tous
les problèmes intéressant, non seulement
Services publics.
les classes ouvrières, mais aussi tout ce qui concourt à la production nationale.
La réorganisation financière dans Île domaine administratif fait l’objet d’une attention particulière du gouvernement, tant pour alléger les organismes eux-mêmes que pour réaliser des économies budgétaires.
La simplification du ministère des Travaux publics est, à cet égard, des plus importantes. Le gouvernement a fait établir par un groupement de techniciens un programme de travaux publics, ceux-ci divisés en trois catégories: a)
travaux urgents ‘qui ne peuvent être
ajournés ; b) travaux nécessaires; c) tra-
vaux désirables. Sont à l'étude : la réorganisation des Chemins de fer; celle des Postes et Télégraphes ; celle de l’Instruction publique; celle de la Navigation commerciale, etc., etc. Nous le verrons plus loin, le principe de la cession de l’exploitation téléphonique à l’industrie privée a été décidée. | |
Le gouvernement fasciste a déjà pro-
cédé à la conclusion de nombreux traités commerciaux avec l'Espagne, Albanie
et les Pays Baltiques ; les conventions
passées avec la France et la Suisse ont une importance toute particulière.
Au point de vue du tarif postal, télégraphique, téléphonique et radio-télégraphique, des accords ont été conclus avec
Traités de commerce.
Réforme de la Défense
militaire
et navale.
quelques États dans le but de faciliter les relations politiques, économiques et commerciales. La pose d’un câble entre l'Italie et l'Amérique du Sud, d’un second câble entre lItalie et l'Amérique du Nord et d’un troisième entre litalie et la Grèce délivreront Italie du contrôle étranger , permettant ansi d'activer les rapports entre la mère patrie et les mulhons d’Itahiens établis sur le Nouveau Continent.
On sat que Mussolini a confié la défense territoriale et maritime de VItahe a deux hommes illustres : le général Diaz et amiral Thaon de Revel. En plein accord
avec eux, un programme considérable de
réforme a été adopté. Les gouvernements précédents n'ayant pas cru devoir toucher au système financier des armées, n’ont jamais eu de contrôle réel sur l’emploi des sommes votées par le Parlement, de sorte que les résultats acquis n'étaient jamais en rapport avec les sacrifices consentis par la nation.
Le gouvernement fasciste a commencé par acquérir la notion exacte des besoins de l’armée moderne. Puis il a pris des mesures en conséquence et 1] se réserve d'étudier les résultats de l’expérience, étant donné que ces résultats ont été calculés comme devant échoir à bref délai. Ainsi il se rendra compte de la justesse de l'opération et aura un point de départ pour l'avenir.
Afin de pouvoir assumer en même temps
l'instruction et l'étendue des effectifs, le
gouvernement a fixé la durée de service à dix-huit mois. Ce terme de dix-huit mois est supérieur à celui qui avait été
prévu en 1920 ; il permet d'établir plus
aisément l’ordre des dates d'appel et de
licenciement, de manière que tout citoyen soit exactement renseigné sur son sort et puisse pourvoir à temps au soin de ses intérêts.
Le plan du gouvernement est que l’armée
moderne, par sa constitution et sa force,
réponde aux exigences de la nouvelle Itahe ; autrement dit qu’elle soit en rapport direct avec le changement de la situation politique, le développement de l’industrie et du commerce, l’accroissement des besoins. Il est en eflet indispensable que l’armée représente l'expression tangible de
la volonté et de la juste ambition d’un peuple. |
Il convient de compléter ici ce que nous avons dit au sujet de la création d’une milice nationale. Cette milice, dont la tâche consiste à maintenir dans le pays un ordre et une discipline purement civiques, est en même temps la meilleure école d'éducation et de préparation de l’armée. Son fonctionnement est parallèle à celui de l’armée elle-même, sans porter atteinte à celleci, sans empiéter sur ses prérogatives.
Formée de volontaires, elle permet au pays de conserver laction militaire proprement dite pour la seule défense de son territoire sans qu'il en coûte rien à la nation. Ainsi se trouve réalisée l’une des plus fortes paroles de Mussolini : « Le rôle de l’armée n'est que de faire la guerre. »
Aviation.
Le chapitre de l'aviation fait l'objet d’un travail considérable, à lélaboration duquel le Président Mussolini a personnellement contribué. Il est permis d’affirmer que l'Italie possédera bientôt une puissante armée de l'air. Mussolini ne saurait admettre que les services mihtaires ou navals ne disposent point à tout instant de tous les avions nécessaires. On se souvient que, lors des récentes éruptions de l’Etna qui mirent en péril la population siciienre, Benito Mussolini ayant voulu se rendre sans surseoir sur les lieux des sinistres, exprima hautement son déplaisir d’être contraint, à notre époque, d'emprunter encore la voie
ferrée dans une pareille urgence.
Le 13 mai 1923, au théâtre de la Le Fascisme Scala de Milan, M. Alberto de Stefani, gardien Ministre des Finances, prononça un dis- des deniers cours nourri de faits et de chifires dont € l'Etat. le retentissement fut, à juste titre, considérable. En eflet, par ce discours, M.
de Stefani ne faisait rien moins que de soumettre au pays tout entier les comptes de gestion du gouvernement fasciste.
Il résulte de ce travail que, depuis le commencement de la réorganisation financière, laquelle, à cette date du 13 mai 1923, ne remontait pas à plus de cinq mois, les résultats suivants étaient ac-
QuIs :
1° Limitation, au profit de l'Etat et dans une notable proportion, des libertés financières des Communes.
2° Simpüfication des impositions ; exem-
La
ple : les contributions directes ont été totalisées en trois « titres >: terrains, 1mmeubles, richesses mobilières, au lieu des douze qui existaient avant la réforme.
En allégeant certaines contributions et en grevant certaines autres, on a réalisé Ja politique des compensations partout où 1l a été possible.
>° Le budget de la Défense nationale a été réduit à trois milliards, soit une économie de 338 millions sur le budget présenté à la Chambre au mois de novembre 1022. |
4 Le budget des Travaux publics a.
été fixé à un milliard, soit une économie de 221 millions sur le budget antérieurement présenté. Ce budget d’un milliard n'en demeure pas moins six fois supé-
rieur à celui d'avant-guerre.
ç° La’ Dette publique relativement aux Chemins de fer sera, pour l'exercice 1923-1924, de 374 millions au lieu des 6$4 prévus dans le budget de novembre 1922. Economie : 280 millions, dont 180 pour diminution de frais et 1oo pour augmentation d'entrées. Une amélioration ultérieure de 264 millions sera réalisée au cours de l'exercice 1924-25 ; la libération totale de la Dette sera atteinte au cours de Pexercice 192ç-26, Sans préjudice d’une cession éventuelle de l’exploitation des chemins de fer à l'industrie privée.
6° Les pensions privilégiées de guerre ont atteint le maximun avec un milliard 214 millions. La phase de déclin commence déjà ; on peut en effet prévoir pour cette année (1923) une économie de
FO
6o millions, qui sera suivie d’autres beaucoup plus importantes.
Pour avoir un aperçu de la réduction
du nombre des fonctionnaires publics
considérés comme superflus par le gouvernement, il suffit d'indiquer que, dans les seuls ministères de la Guerre et de la
Marine, 7.6ç0 ouvriers ont été mis en
congé. Le personnel licencié reçoit une pension temporaire et le personnel qui reste en fonctions est rétribué en raison directe de sa capacité de travail.
Le Président du Conseil a dit expressément ceci :
« Nous avons promis d’équihbrer le budget de lEtat; nous devons à tout prix réaliser cette promesse. Si l’économie de la nation s'écroule, tout ce qui vit
de la nation subira le même sort. y»
En cinq mois de travail, le gouverne- L'éloquence ment fasciste a réalisé au profit de la des chifires.
nation les économies suivantes :
Abolition de la Garde royale. . . . 285 millions a Chemins défier. 2.012860 A Eravaux publics.) | aan —
Rédubtion des dépenses militaires.) . 152 — Gestion des Postes, Viet Hehbhones Li | DE D AA ie Intérêts des dettes qu’il aurait cn contracter pour faire face à l’ancien déséquilibre tuciaetaire. Ni COUNTER OO Tes Amélioration apportée au Ministère des Finances et dans le corps de la
Garde Royale des Finances. . . 75 — Services pouriles Terres libérées. . !. 61 — Réduction des frais du Ministère de
l’Industrie, Commerce et Travail . 43 — Réduction des frais du Ministère de
MEMTCTIEUT OL 33 — Réduction des frais Pi Ans
mRblaue us NE 29 — Réduction des frais “à cuire) 23 —
Réduction des frais de la Justice . . 23 —
A reporter . 1 milliard 426 millions
Report . 1 milliard 426 millions
Réduction des frais des Colonies . . 14 — Réduction des frais des Affaires Étran-
SÉTÉS ANUS CL NOTES 3 — Réduction de Ho Le s 0 TR STONES 10 — Réduction dans l’achat des tabacs. . 76 | NIEeS Abolition du monopole des allumettes 65 —
Total. . 1 milliard 596 TE
Cette formidable économie a été obtenue sans qu'il füt porté atteinte le moins du monde à la bonne marche des services essentiels de l’État et sans que leur réorganisation se soit traduite par un ralentissement quelconque.
En résumé, à l’époque où le Roi confait à Benito Mussolini la mission de gouverner lItalie, le passif se chifirait
ainsi en millions :
Passihofficiel #74 2) LORS DANSE PANNE PRNE de FR ESS 3.586 Passif présumé (pour frais non
portés dans le budget). . . 4.000
En mai 1923, les chiffres étaient les
suivants :
ln PR 2/2 616 0 AMEN CN Ter87
L'amélioration budgétaire officielle est donc en millions de 042, l’amélioration réelle de 2.339 et l’amélioration vis-à-vis du passif présumé de 2.813.
L'Italie attend d’une réorganisation générale européenne la liquidation de ses dettes vis-à-vis de l’Angleterre. Elle est décidée à faire honneur à sa signature vis-à-vis de l'Amérique, mais elle lui demande des facilités proportionnelles aux facilités consenties à l’Angleterre.
Bref, la situation économique est très sensiblement améliorée. Le chômage diminue, la bascule commerciale marque,
Monopoles d'État.
un progrès manifeste ; la circulation fiduciaire tend à décroiître: le cours des actions monte ; le trafic des chemins de fer est, lui aussi, en augmentation, et le nombre des faillites reprend le rythme normal des périodes de liquidation des crises.
L’abolition du monopole des téléphones est déjà, en Italie, un fait virtuellement accompli. Cette mesure si souvent réclamée, envisagée, étudiée dans d’autres pays, jamais résolue, jamais réalisée, un homme enfin l’applique et personne ne s’en trouve plus mal.
De la concurrence naîtront forcément le perfectionnement de l’appareillage et
l’abaissement des tarifs. Le citoyen ne
Ce
pourra qu'y gagner et l'Etat n’y perdra rien, étant donné qu'il sera toujours l'arbitre des concessions, le maître descontrats. Enlouant à haut prix le sol des cités aux poseurs de câbles, 1l sera rigoureusement dans son rôle nationaliste ; 1} exploitera le terrain de la nation pour le plus grand profit du Trésor de la nation, et1l se soustraira aux difficultés purement commerciales qu’il est mal placé pour combattre et qui sont incompatibles avec sa dignité.
Cette renonciation aux monopoles doit amener très vite la fin du fonctionnarisme, mais si pénible soit-elle aux partisans de l’aurea mediocritas, rien n’est plus désirable pour un peuple actif et ambitieux.
Tout fonctionnaire, en se refusant à la lutte pour la vie, prive le pays d’un effort individuel, lui ôte un peu de sa
La réforme électorale.
valeur combative, se retranche, en un mot, du faisceau commun. La sécurité,
c’est l’image de l’immobilité, de la mort;
linquiétude, au contraire, c’est le mou-
vement, axe de la vie. Que chaque citoyen développe en soi le sens des res ponsabilités, et ce tourment collectif engendrera une expansion salutaire et le nationalisme en sera accru et fortihié. Mus-
solini voit certainement très loin en abols
sant les monopoles d'Etat : il ne veut rien
moins que détruire le parasitisme dont souffre l’arbre nourricier du budget.
En même temps que le chef du Fascisme, très préoccupé de ne pas laisser altérer le prestige de ce dernier dans la
masse populaire, avait soin de réprimer à propos certains excès du pouvoir, certaines erreurs de ses meilleurs partisans, en même temps qu'il restituait à l’armée régulière — quelque peu gênée par les milices des « Chemises noires > — la primauté qui lui est due, 1l étudiait activement la réconciliation de son parti avec les formes parlementaires; en d’autres termes, pour s'installer solidement à Montecitorio il préparait la réforme électorale.
Elaboré par le Sous-Secrétaire d’État a l'intérieur, M. Acerbo, le texte de la nouvelle lot électorale prévoit que l'Italie, divisée en dix-huit régions, ne doit former en fait, qu'une circonscription unique.
Les deux tiers des sièges, c’est-à-dire 366 sièges sur $3$ seront attribués au
parti qui obtiendra la majorité des voix.
Les 179 sièges complémentaires reviendront aux minorités, lesquelles se les partageront conformément aux règles de la représentation proportionnelle.
Le plan de Mussolini apparaît 1c1 avec toute franchise ; comptant sur le triomphe du parti fasciste dans la bataille électorale, il met en œuvre les moyens d'en exprimer le maximum de résultats.
Cette majorité est certaine puisque l’arrivée du Fascisme au pouvoir a déterminé la désagrégation des autres partis. Les conservateurs et les nationalistes, de même que les libéraux de droite, s’y sont ralliés. Les libéraux de gauche, incarnés dans le sénateur Albertini, font encore quelques réserves de principe, mais la presse libérale semble entièrement favorable au gouvernement. La plupart du
temps, on ne trouve aucune critique sérieuse contre Mussolini et les siens, ni dans la Stampa, ni dans le Mondo, ni dans le Corriere della sera. |
Que dire des socialistes, sinon qu'ils ont perdu tout lien entre eux! D'ailleurs il ne faut pas oublier que le Fascisme ayant une solide base syndicaliste, beaucoup de socialistes y ont adhéré tout naturellement. |
Reste le parti populaire au sein duquel vient de se produire la scission éclatante qui lui a enlevé ses meilleurs membres et la plus grande partie de son influence.
Amputé de la sorte, réduit aux sectaires et aux démagogues qui entourent Dom Sturzo détrôné, le parti populaire n’est guère de taille à faire face, devant les urnes, au colosse fasciste.
La réforme des Codes.
Enfin, le si adroit et si sagace Giolitti n'a-t-il pas exprimé d’une manière implicite, sans trop le dire tout en le disant, qu'il ne refuserait point, le cas échéant, d'apporter sa collaboration à la politique fasciste ? Et le Vatican ne donna-t-il pas son acquiescement au succès du Fascio en déléguant le doyen du Sacré-Collège, cardinal Vanutelli, au mariage de M. Finzi, Sous- Secrétaire d'Etat à l'Intérieur et l’un des principaux lieutenants de Mussolini et surtout en imposant à l'abbé Sturzo sa retraite de secrétaire général du parti populaire ?
Par ailleurs, l'idéal de Mussolini est de restituer à la morale publique ses rigidités romaines. On en voit la preuve dans les
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déclarations prononcées à la tribune par le Garde des Sceaux Oviglio, relativement au projet de la loi sur la réforme du Code civil. La restauration familiale y est l'objet d’une pénétrante étude ; le nouveau texte réagit avec une force sin gulière contre le relâchement du lien conjugal et ne craint pas de préconiser des modiñcations profondes aux lois anciennes devenues inopérantes.
L'article suivant visant l’indissolubilité du mariage prévoit les «effets de l’absence » et la « disparition de personne », cas malheureusement trop fréquents chez les peuples migrateurs.
« Le point le plus passionnant et significatif, dit le Ministre, est celui qui concerne les effets personnels de l'absence et, tout spé-
cialement, de la présomption de mort. L’ar-
EST Ne PE EP | LEA MON AERnE No FN À LL à WY & (1