‹ Mussolini, batisseur d'avenirChapitre 19 sur 36 · STE · texte numérisé non relu

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régit la nation, se borne, avec toute l’autorité dont 1l dispose, à en bannir les éléments surannés, les impedimenta qui l’alourdissent, les camouflages sous lesquels, peu à peu, il eût fini par disparaître. |

Mussolini a fait justice une fois pour toutes de ces perfidies, le jour où il a prononcé à la tribune, au milieu des vivats de l'assistance, ces mots péremptoires :

« Le gouvernement ne veut pas abobr le Parlement. Au contraire, 1l veut l’amélorer, le perfectionner. Le Grand Conseil ne fait pas double emploi avec le Conseil des ministres, 1l n'est pas un organe supérieur au Conseil des ministres ; 1l se réunit d’ailleurs seulement au Conseil des ministres. Le Grand Conseil du F'ascisme

est simplement un organe de coordination et de transaction entre les forces responsables du gouvernement et les forces responsables du Fascisme. |

« Ce gouvernement, qui est présenté comme hberticide, a été, peut-être trop généreux. Qui nous aurait empêchés, aux journées de la révolution, en octobre, de nous délivrer à jamais de tous ceux qui, abusant de notre générosité, rendent maintenant notre tâche difficile? Mais nous n’avons pas voulu que les « Chemises noires »

se souillassent du sang italien.

« Le Fascisme est et restera encore longtemps un parti formidable. Le Fascisme est un mouvement syndical qui comprend un million et demi d'ouvriers et paysans, qui nentrave nullement le gouverne-

ment. Des masses imposantes d'hommes,

qui méritent tous le respect de la nation, ont adhéré au Fascisme : ainsi l’association des mutilés et des invalides, l’assocation des combattants adhèrent au Fascisme, et aussi les familles des soldats tombés à la guerre marchent dans l’orbite du Fascisme. Le spectacle que donne la nation est maintenant satisfaisant.

Quoique le gouvernement suive une politique dure, le peuple italien est discipliné, silencieux, et travaille. Il sait qu'il y à un gouvernement qui gouverne ; il sait surtout que, si ce gouvernement atteint quelques classes de la population italienne par ses mesures, il ne s’agit pas d’un caprice, mais de la nécessité suprême de l’ordre national.

« Au-dessus de cette masse, il y a des groupes inquiets de politiciens de profession.

Plusieurs gouvernements en Italie, avant le gouvernement fasciste, tremblaient toujours devant un banquier ou un journaliste, ou devant le grand-maïitre de la franc-maconnerie, ou devant le chef plus ou moins clandestin du parti populaire. Le gouvernement actuel est unique : 1} ne connaît pas d’autres gouvernements. >

Il semble bien que, seuls, les groupes inquiets de politiciens de profession dont parle Mussolini, puissent ergoter sur des déclarations aussi claires.

Est-ce attenter au libre arbitre du citoyen que de réprimer le désordre et l’anarchie ? Est-ce trahir le mandat populaire que de protéger le plus grand nombre contre le plus petit, de défendre les vertus profondes d’une race, ses autels, ses foyers et ses drapeaux, contre les pertur-

bateurs à la solde de l’étranger ? Est-ce méconnaître la grandeur d’un apostolat que de réveiller dans les consciences le principe de dignité, que de ressusciter PA Patrie ? Non certes, et c'est là le rôle principal de Mussolini. Contre une démagogie turbulente, forte seulement dans l’émeute, inexistante dans le travail, experte à détruire, incapable de construire, 1l a sévi au nom de ces axiomes, vieux comme l’humanité, qui proscrivent de la cité quiconque y apporte le deuil et la ruine. Le Fascisme n'a été que la matérialisation d'un sentiment d'indignation nationale ; ce n'est pas Mussolini qui à soulevé lItalie, c’est bien plutôt l'Italie qui a suscité Mussolini, par un réflexe de

toute sa nature blessée.

L'opposition inéluctable.

L’éventualité d’une opposition à la politique fasciste n'a rien qui doive surprendre et, à cet égard, Mussolini, vraisemblablement, ne sera point pris de court. Mais quel gouvernement peut avoir la garantie de vivre et de durer sans que jamais une opposition le contrecarre ?

Qu'on imagine, aux lieu et place du Fascisme, n'importe quelle combinaison parlementaire du modèle des cabinets Nitti, Giolitti, Facta et autres ; fût-il d’une douceur nonpareille, pratiquà t-1l le système « chèvre et chou » le plus servile, s'avérat-il, pareil au Sosie d'Ampluitryon, « l’ami de tout le monde, » le gouvernement le plus émasculé ne tarderait guère, en dépit de sa mollesse, à voir surgir devant lui une opposition aussi sévère que sil était lui-même véritablement agressif. En

effet, l'opposition est aussi inséparable du gouvernement en titre, que la nuit l’est du jour. Il n'y a donc aucun avantage à pratiquer une politique de modération pour ne point donner prise aux factions opposées. Et, puisque le danger reste le même, que l’on soit énergique ou pleu- Ho /0n) 4 tout intérét à gouverner en beauté plutôt qu'en flagornerie.

Quant à arguer que le Fascisme est menacé de disparaitre parce qu'improvisé à la faveur d’un coup de force, c’est proprement absurde, attendu que le régime constitutionnel, qui a fait ses preuves de durée, ne repose pas sur autre chose qu'un coup de force, étant né d'une révolution.

Éloge de la « Mais, clament les négateurs, on

pusillanimité. ne saurait accorder sa confiance à une telle maniféstation d’audace ! Si laudace est vigoureuse, elle est frappée de cécité, elle rend dangereusement optimiste celui qu’elle anime, elle lui inspire une confiance démesurée dans ses propres talents jusqu'au jour où, aveuglé, il choit dans l’abîime. Cette chute n'est rien quand, seul, le triomphateur d’un instant y succombe ; mais elle peut retarder lessor d’un pays, quand un peuple tout entier paie la faute commise. »

Contre cette invocation à la médiocrité, tout ce qui est généreux 1ici-bas se rebelle et proteste. L'histoire du monde, d'un bout à l’autre, est illustrée par l’au-

dace et les audacieux. Sans cette vertu

merveilleuse, plus de progrès, plus de gains, plus de victoires. C'est parce que, dans les époques d’hésitation, des audacieux survinrent qui, de leur énergique poigne, saisirent la barre et remontèrent le courant des événements, c’est parce que certains êtres d'énergie eurent le courage doser, que le sort des hommes devint de moins en moins précaire. L’audace est aussi nécessaire à un peuple qu’à un individu isolé; elle décuple ses forces vitales, elle multiplie ses facultés d’investigation, elle accroît son potentiel.

Et ce n'est pas à la légère que les anciens érigeaient un autel à la hardiesse et enseignaient aux jeunes hommes que la fortune chérit les audacieux.

Qu'importe, au surplus, si le trromphateur d’un instant périt à l’apogée de son

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