‹ Mussolini, batisseur d'avenirChapitre 7 sur 36 · NARRATION · texte numérisé non relu

NARRATION

Le 24 octobre 1922, Naples était le Le Congrès centre ardent du nationalisme italien. de Naples. Encadrées des « Chemises bleues », représentant le Parti Nationaliste, quarante mille « Chemises noires », représentant les escadres du P. N. F. (Parti National Fasciste) accourues de toutes les provinces d'Italie se réunissaient pour entendre la parole de Mussolini.

M. Giolitti, prêt à rentrer en scène, à rejouer son personnage éternel de Deus ex machina, prononçait déjà, en coulisse, les

SU

mots annonciateurs de son intervention.

Tandis que Naples attendait la grande voix de la Patrie incarnée, M. Giolitti, devant le Conseil provincial de Cuneo, adjurait le Kascisme, auquel il voulait bien reconnaître une certaine importance, de né point perturber les choses existantes,

de respecter les lois, de n'agir que dans

le cadre de la Constitution. Phrases creuses, expressions vides, vocabulaire correct et banal! Rien ne permettait de supposer d’ailleurs que la Constitution fût en péril, ni les lois, ni l’ôrdre! Le (Congrès de Naples présentait l'aspect magnifique d’une

manifestation joyeuse et sage, d’une noble

fête patriotique. Jamais les Faisceaux n'avaient mieux mérité leur nom, symbole d'union et de force. qu’en ces jours d’octobre sur lesquels le ciel napolitain dé-

ployait son velum couleur de fidélite.

Quel étrange besoin poussait donc l’ancien président du conseil à faire allusion à un danger dont personne n'avait le moindre souci?

Hélas! M. Giolitti, représentant le plus distingué de la politique prudente parce que dénuée d’envergure, M. Giolitti ne voyait pas sans une certaine émotion s’avancer les légions fascistes. Il se rendait | compte qu'une ère allait se clore et une autre s'ouvrir, que des signes apparaissaient dans les nues, et 1l n'avait d’autre ressource, parmi les Anciens tout à coup évincés, que d’agiter ses mains tremblantes pour tenter d’arrêter 1 ruée des profanateurs |

Dix mille auditeurs s’entassent . la salle du théâtre San Carlo. Autour du

théâtre, une foule énorme acclame l’arrivée des congressistes. Et, par une admirable ironie du sort, tandis que la police, débordée, se montre impuissante à assurer l’ordre, ce sont les escadres fascistes elles-mêmes qui dirigent et contrôlent, avec une discipline tout ensemble courtoise et rigide, l'installation des divers contingents.

Comment dire les transports d’allégresse qui saluèrent le discours de Mussolini !

Hardi et prudent, le chef du Fascisme commença par déclarer que le jeune Parti National n'avait pas l'intention de participer au gouvernement et qu'il se bornait à préconiser, dans un très proche avenir, de nouvelles élections législatives. Ce début montrait clairement la volonté du Fascisme de ne point collaborer avec Gio-

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