PARTIE I. — CHAPITRE I
rent de celui qu’on a reconnu dans d’autres. Or, si la surdité dans l’adulte n’est pas une infirmité incurable, pourquoi donc, lorsqu’elle serait dans l’enfant plus ou moins jeune le résultat de la même maladie, le serait-elle plutôt ? Pour arriver à une pareille conclusion, il faudrait établir que dans l’enfant la surdité est toujours le produit d’un vice d’organisation ; mais il est surabondamment prouvé aujourd’hui que ce sont les accidents de toute nature et les maladies de toute espèce dont les enfants sont assaillis, qui en sont la cause la plus habituelle; et s’il ést vrai de dire que l’ouïe soit, de tous les sens, celui qui se ressent le plus rapidement des plus petites dispositions morbides du cerveau, et celui surtout dont les relations physiologiques avec cet organe ont le plus d’activité ; si, enfin, presque toutes les maladies de l’enfance, ces maladies si peu traitables et si multipliées, agissent immédiatement presque toujours sur lui, ne faut-il pas reconnaître que rien n’est moins probable que cette uniformité de résultat ?
Il y a, ainsi que nous l’avons dit, quatre espèces de surdité, ou plutôt quatre périodes pendant lesquelles la surdité se produit par des causes manifestement différentes. La surdité innée , celle qui fait partie de l’organisation de l’individu, avec laquelle il s’est formé, qui a existé avec l’organe même, est évi-
demment la plus rare , mais elle n’est pas impossible , et c’est celle surtout qui ouvre le plus largement le champ aux suppositions. Hâtons-nous de dire toutefois qu’il ne peut être intéressant de s’en occuper qu’autant qu’en remontant aux causes créatrices de cette infirmité, causes qui peut-être ne seront pas toujours impénétrables, il serait possible d’en prévenir la reproduction ; car, considérée par elle-même, la surdité innée ne pourra jamais être détruite. Il est un point de vue toutefois sous lequel elle offre au physiologiste un intérêt véritable, c’est celui que nous examinerons pl us loin, et qui a rapport à la transmission héréditaire. S’il est, du reste, des médecins et des observateurs qui s’obstinent encore de nos jours à prétendre qu’il n’y a presque pas de surdité du bas âge qui ne soit innée , et lui attribuent ainsi un caractère si différent de celui qui se produit dans la surdité des grandes personnes, on en rencontre d’autres qui, admirateurs enthousiastes de la nature, nient la possibilité qu’il y ait des sourds par le seul fait de leur organisation physique. N’y a-t-il donc pas tous les jours des enfants qui viennent au monde avec des membres de moins, avec des organes incomplets? La nature ne produitelle pas des avortons, des nains, des fœtus acéphales, etc. ? Ses écarts n’ont sans doute pas toujours cette gravité-là ; mais qu’importe! Les parties qui