‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 11 sur 200 · PARTIE !. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE !. — CHAPITRE I

constituent l’organe de l’ouïe sont nombreuses; et si une de ses parties vient à manquer; si l’une d’elles est sans activité, sans sensibilité, est-ce que la surdité n’existera pas? et lorsque la mort aura donné à toutes les autres parties du même organe la même immobilité, la même insensibilité, est-ce que le praticien qui voudra les scruter en les divisant y trouvera quelque indice de l’état préexistant? non, assurément; il n’y verra pas même la preuve de la paralysie à laquelle, à défaut d’autre cause connue, il est obligé d’attribuer le mal.

Cette première espèce de surdité, la plus simple de toutes, n’a du reste été l’objet de presque aucune réflexion ni d’aucune recherche, d’abord parce qu’il estjusqu’ici, dans l’état où se trouve la science sur ce point, presque impossible de la distinguer de celle qui a été acquise immédiatement après, c’està-dire de la surdité congéniale et de celle du bas âge, au moins jusqu’à huit mois après la naissance. La médecine a aussi complètement négligé ces deux dernières catégories de sourds. Les hommes d’enseignement toutefois n’ont pas partagé cette indifférence , et l’administration de l’institution des sourdsmuets de Paris, justement préoccupée de l’intérêt immense que doit avoir pour l’humanité la solution des questions si graves qui s’y rattachent, adresse chaque année, depuis plus de quinze ans, aux

parents des élèves nouvellement admis à l’école, une série de questions que nous croyons devoir reproduire ici textuellement.

D. L’enfant était-il sourd en naissant, ou l’est-il devenu après sa naissance?

D. Dans le premier cas, quelles circonstances ont précédé, accompagné et suivi sa naissance ?

D. Dans le second cas, à quel âge est-il devenu sourd ?

D. Depuis le jour de sa naissance jusqu’à celui où il a perdu l’ouïe, a-t-il essuyé quelque maladie, ou éprouvé quelque accident?

D. Est-ce à la suite de cette maladie ou de cet accident qu’il a perdu l’ouïe?

D. Outre la surdité, a-t-il encore quelque autre infirmité ?

D. Dans ce cas, cette infirmité est-elle antérieure ou postérieure à la surdité et de combien de temps?

D. L’enfant a-t-il parlé avant de perdre l’ouïe ?

D. Combien y a-t-il d’enfants dans la même famille, et parmi ces enfants combien de sourdsmuets ?

D. Le père et la mère sont-ils sourds-muets euxmêmes, ou ont-ils quelque autre infirmité?

D. Quel était l’âge du père et celui de la mère lors de la naissance de l’enfant?

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