‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 9 sur 200 · PARTIE I; - CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I; - CHAPITRE I

t-elle pas, non seulement à l’action facile des mêmes influences, mais même à celle d’une infinité d’autres ? Et puisqu’il est vrai que l’ouïe est, de tous les sens, celui qui souffre le plus des moindres dispositions morbifiques du cerveau ; puisque les maladies du système cutané sont celles qui occasionnent le plus souvent la surdité, est-ce que les enfants en très bas-âge n’ont pas plus que d’autres à redouter leurs funestes effets? M. Itard a fini par le comprendre à la fin de sa carrière, et il en est convenu, sans toutefois renoncer d’une manière absolue à sa première affirmation. « Les causes de la surdi-mutité, dit-il enfin, peuvent être toutes les causes qui affaiblissent ou détruisent l’audition dans l’adulte. Je crois, cependant, pouvoir établir qu’elles se présentent dans des proportions différentes ; car, bien que les faits que je viens de rapporter nous fassent mettre en ligne de compte les lésions organiques comme causes matérielles de cette surdité, il faut convenir pourtant qu’elles sont beaucoup plus rares que dans les surdités qui affligent l’adulte, et que presque toujours la surdité de l’enfant tient à une paralysie, soit congéniale, soit acquise, de l’organe auditif. Des causes nombreuses contribuent à rendre ce second mode de paralysie acoustique aussi fréquent que le premier. Ce sont les maladies éruptives de cet âge, les convulsions, et surtout, ainsi

que je l’ai annoncé, l’influence sympathique exercée sur l’oreille par une dentition orageuse. »

Yoilà enfin qui est parfaitement clair, et voilà pourquoi M. Itard regardait la surdité de l’enfance , à quelque époque qu’elle eût été acquise, comme étant incurable. La médecine, nous le croyons, n’a pas accepté cet arrêt comme irrévocable ; et c’est avec une bien vive satisfaction que nous avons vu cette désolante conviction de l’auteur du Traité des maladies de l’oreille et de l’audition combattue par un assez grand nombre d’hommes instruits, en France et à l’étranger. Mais, afànt de nous occuper des moyens curatifs mis en usage, et de leur efficacité, il est essentiel de nous rendre un compte aussi exact que possible de la maladie à laquelle il s’agit de remédier. Peut-il d’abord être vrai que la surdité du bas-âge, c’est-à-dire, celle qui a pour conséquence inévitable et prochaine le mutisme, n’ait qu’un seul caractère, qui est la paralysie du nerf labyrinthique? Pour prouver le contraire, il suffirait de citer les nombreuses espèces et les indications fournies par les auteurs mêmes qui ont cru qu’il convenait de la considérer ainsi ; il suffirait aussi de réfléchir que les causes étant infinies et diverses, l’effet ne peut être toujours le même, et doit, au contraire* varier, et présenter, dans bien des cas, un caractère tout-à-fait diffé-

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