PARTIE I. — CHAPITRE I
D. L’endroit où demeuraient les parents à la naissance de l’enfant est-il dans un pays plat, montagneux ou marécageux, et a-t-il été exposé à l’humidité ou à quelque influence atmosphérique?
Tout cela n’est assurément ni bien complet ni parfaitement clair, et nous comprenons aisément que les parents des enfants n’aient pas toujours fait des réponses aussi complètes et aussi logiques qu’on aurait pu le désirer ; mais enfin, de là il pouvait, il devait résulter nécessairement d’utiles indications. Aussi est-ce avec un véritable intérêt que nous avons parcouru et étudié, en quelque sorte, plus de trois cents réponses faites à chacune de ces questions. L’ignorance des correspondants, leur désir de cacher, soit dans l’intérêt de la famille, soit pour leur compte personnel, des causes plus réelles que celles qu’ils indiquaient, et une infinité de motifs, enfin, dont on trouve l’explication dans une étude approfondie des petites passions qui sont souvent le mobile des actions humaines, ont pu nous priver de données utiles , et retarder ainsi, de quelques années, de précieuses découvertes. Mais, avec de la persistance, on parviendra à vaincre ces obstacles ; car la vérité se fait jour tôt ou tard , et, pour la trouver, il faut parfois la chercher longtemps :
il n’y a que celui qui ne désespère pas du succès qui soit sûr de l’obtenir.
Toutefois, à l’aide des données que nous avons recueillies dans les documents dont nous venons de parler, à l’aide surtout des observations que nous avons puisées dans l’examen sérieux des questions qui se rattachent à un sujet aussi grave, nous essaierons de faire connaître à quelles causes il nous paraît le plus convenable de faire remonter les trois ordres de surdité dont il nous reste à, parler.
On prétend que c’est toujours entre le quatrième et le sixième mois de la grossesse que l’enfant se développe et s’organise, en quelque sorte, dans le sein de sa mère. C’est donc à cette époque qu’il faut reporter le plus grand nombre des cas ou des accidents qui peuvent produire la surdité congéniale. Il faut reconnaître d’abord, et avant tout, qu’elle peut être occasionnée par un vice de conformation de la mère , ou tenir à une disposition générale du tempérament ; viennent ensuite les accidents de la grossesse : les secousses violentes , les chutes, les coups, les fortes pressions, la colère, l’emportement, une joie trop vive et immodérée, un chagrin violent, la crainte, une grande frayeur soudaine, enfin toutes les passions violentes excitées trop vivement.