‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 119 sur 200 · PARTIE fï. —, CHA PITr.F, f · texte numérisé non relu

PARTIE fï. —, CHA PITr.F, f

nous voulons parler de la création dans l’école d’un cours de langage des signes, à l'usage plus particulièrement des jeunes gens et des jeunes personnes qui se destinent à cet enseignement, et qui, livrés à eux-mêmes, n’ayant d’autres secours que ceux qu’ils reçoivent de la bienveillance des professeurs , d’autre instruction que celle qu’ils acquièrent par des relations plus ou moins fréquentes avec les élèves, possédant rarement la pratique d’une manière satisfaisante et jamais la théorie, s’écartent ainsi des règles qui président à sa formation, et contribuent à lui faire perdre, au grand détriment de l’éducation en général, les caractères d’unité et d’universalité qui constituent son plus bel apanage.

Il ne faudrait pas dès lors se borner dans ce cours , comme l’ont pensé quelques personnes , à prendre des mots et des phrases, et à en faire les signes ; il faudrait examiner la valeur de ces signes, en rechercher l’origine, réparer par conséquent les erreurs ou les omissions qui auraient pu être commises par suite de la précipitation avec laquelle la plupart ont été créés ; il conviendrait en outre d’établir entre le langage des signes et notre langue des rapprochements d’autant plus instructifs, qu’ils feraient ressortir les avantages particuliers de chacun de ces moyens de transmission de la pensée.

Le langage des signes surtout, si négligé et si méconnu , cette langue dont Marmontel disait qu’aucune autre n’était en état d’égaler la force et la chaleur, y gagnerait beaucoup. Elle est loin encore d’être parfaite ; elle se perfectionnerait : les philosophes, ceux surtout qui s’occupent plus spécialement de recherches sur le langage primitif et naturel des hommes et de ses influences sur la génération des idées, ne dédaigneraient plus de s’en occuper ; elle deviendrait bientôt, parce qu’elle serait mieux appréciée, l’objet de leurs méditations les plus sérieuses, et la science en général y gagnerait autant que l’éducation des sourds-muets. Ce serait donc , autant que possible, un cours de langage mimique pratique comparé que nous voudrions voir fonder dans l’école de Paris, comme étant le moyen le plus sûr de compléter les avantages, déjà si précieux, dont l’humanité est redevable à la découverte de l’abbé de l’Êpée.

11 faut éviter soigneusement de confondre le langage des signes et les gestes dont il se compose, avec ceux qui sont purement alphabétiques. Ces derniers, en effet, constituent un autre moyen de communication, auquel on a voulu attribuer, dans l’enseignement des sourds-muets, une importance qu’il n’a -pas. Nous voulons parler de ce que l’on est convenu d’appeler la dactylologie, c’est-à-dire , le langage

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