‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 14 sur 200 · PARTIE I. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I. — CHAPITRE I

troisième, le sixième, le neuvième et le douzième qui sont sourds ; est-ce qu’il serait raisonnable de venir prétendre que c’est la vue d’un sourd-muet, une frayeur soudaine ou une joie trop vive qui a produit cette infirmité intermittente ? Que dire alors, si ce n’est qu’il y a là, pour les hommes qui pensent, un sujet digne des plus sérieuses méditations ?

Nous avons puisé en outre, dans l’examen attentif que nous avons fait des documents à notre disposition , des faits qui nous ont paru plus précis encore que ceux que nous venons d’indiquer. Nous nous sommes convaincu d’abord que les sept dixièmes au moins des parents des sourds-muets avaient passé l’âge de trente ans lors de la naissance de ceux-ci, et que parmi les parents plus jeunes, comme parmi les premiers, il arrivait très souvent que la mère était plus âgée que le père d’une ou de plusieurs années, Enfin , il a été recueilli par d’autres modes d’informations , à Paris et dans plusieurs autres écoles , une autre indication qui, malgré son apparente futilité , ne peut avoir aux yeux du physiologiste une importance médiocre : on s’est aperçu qu’un très grand nombre de parents de sourds-muets étaient parents entre eux avant leur mariage. La même observation a été faite d’ailleurs pour les idiots. Il y a aussi d’autres infirmités qui se transmettent

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d’une génération àl’autre et qu’on ne détruit complètement qu’en mêlant les races en quelque sorte (1). Ce besoin de mélanger les familles pour conserver la santé et prévenir les infirmités du corps n’est pas du reste le résultat d’une appréciation nouvelle. Les anciens législateurs, ceux de la Grèce surtout, se donnaient beaucoup de soins pour perfectionner en quelque sorte l’organisation physique des hommes : les mariages précoces étaient prohibés; il fallait, d’après les lois de Lycurgue , que, pour contracter une union, les futurs conjoints présentassent, outre les qualités de l’âme, la beauté mâle du corps et une santé très florissante. Tacite nous montre aussi les peuples de la Germanie comme pénétrés des mêmes idées; et dans les premiers âges du christianisme, celui qui épousait sa parente, fût-il roi, était frappé d’interdiction apostolique. Cet usage de bannir toute union entre proches parents était tellement enraciné dans les mœurs, que celui qui avait ainsi contrevenu à la loi commune était bientôt obligé de se soumettre et n’obtenait son pardon qu’en divorçant.

11 est d’ailleurs à remarquer que la religion, qui maintenait avec tant de rigueur ce principe salu-

(1) Ce fait uous a paru si digne d’attention , que nous avons cru devoir placer à la fin de ce iravailun tableau où sont reproduites toutes les indications que nous avons recueillies.

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