PARTIE H. — CHAPITRE IL
connaissent quelques noms d’objets les plus usuels. L’abbé Sicard retardait, lui, le plus possible cette étude, toujours par la raison qu’il ne voyait autour de lui rien de matériel qu’il pût indiquer comme étant exprimé par ces mots de nouvelle espèce. Comme toutefois il ne pouvait marcher ainsi sans donner enfin à sa phrase la précision que l’article seul peut lui procurer, il fallut bien aborder cette difficulté ; mais pour cela il fut obligé de rétrograder, et de reprendre pour la troisième fois la leçon des genres et des espèces.
Les mots de toute sorte qui établissent des rapports analogues à ceux du véritable article, tels que un, de, du, des , sont enseignés par nous en même temps, et nous sont d’ailleurs de la plus grande utilité pour démontrer par opposition la signification des> autres. Nous n’avons nullement besoin d’entrer dans l’examen des questions que la nature de ces particules a fait naître entre les grammairiens; les mots, en général, n’ont de valeur qu’en raison du rôle qu’ils jouent dans la construction de la phrase : tout mot qui précède un substantif est pour nous un article. Ce point est bien essentiel, parce que rien ne nous est plus nuisible que les exceptions. Aussi évitons-nous avec le plus grand soin de faire connaître en même temps les mêmes mots, ayant une signification bien différente, comme le, la, les, qui,
placés devant un verbe dont ils sont le complément, sont de véritables pronoms. 11 est aussi dans les mots des significations qu’il y aurait le plus grave inconvénient à faire connaître en même temps que les plus habituelles. L’article le, par exemple, s’emploie pour désigner un objet qui est déjà connu et sur lequel on est d’accord, soit parce qu’on vient de le désigner, soit parce qu’il sera spécialisé par des indications à venir. Le sourd-muet le comprend très bien, et n’éprouve pas en général beaucoup de peine à en faire de judicieuses applications. Gardez-vous alors, si vous ne voulez pas tout remettre en question et faire naître dans l’esprit de votre élève la plus affreuse confusion, de lui apprendre la valeur que ce mot a dans les expressions générales, telles que l’homme, la brute , etc. Il en est ainsi de toutes les parties du discours ; vouloir les aborder une à une et épuiser d’abord toutes les combinaisons qu’elles nous présentent, ce serait procéder d’une manière tout-à-fait contraire à la droite raison. L’adverbe, par exemple , a des acceptions très variées, et il serait absurde de vouloir les passer immédiatement toutes en revue. 11 n’y a pas seulement des adverbes de manière, de lieu, d’ordre, de comparaison, mais encore des adverbes de temps, et, parmi eux, il y en a qui se rapportent au passé , d’autres au futur, d’autres enfin au présent ; il y a aussi les