PARTIE II. — CHAPITRE II. SOI
de toutes sortes, le verbe y figure comme les autres. C’est donc à tort que Ton s’appuie sur cet exemple pour justifier une détermination que nous croyons peu rationnelle.
Après les temps principaux, celui qu’il importe le plus de faire connaître au sourd-muet, c’est l’imparfait, parce que, quoique marquant une époque passée, il a un rapport direct avec le présent. Exemple : Je dessinais hier, je ne dessine plus aujourd’hui. Les sourds-muets comprennent ensuite très bien la valeur de ce temps dans les cas où il marque la simultanéité de deux actions. Il y a d’ailleurs alors emploi du passé indéfini pour la seconde, ce qui permet à l’élève de saisir avec une parfaite netteté les rapports et les différences qui existent entre les parties de la conjugaison qu’il connaît déjà et celles qu’il veut apprendre.
Bien que le plus-que-parfait indique qu’une chose a été terminée complètement avant une autre chose qui est également tout-à-fait achevée, je croirais devoir le placer après l’imparfait, parce que le verbe de la seconde action est encore au passé indéfini, et que ce lien nous donne beaucoup de facilité pour en saisir la valeur. L’imparfait lui-même nous vient en aide, puisque après avoir exprimé la simultanéité de deux actions passées, rien n’est moins difficile que d’exprimer l’antériorité de l’une par rapport à
l’autre; car, si l’on dit : Je dînais quand il est venu, pourquoi ne pas faire écrire aussitôt : J’avais dîné quand il est venu ? Il est impossible que ces deux formes ne s’expliquent pas l’une par l’autre. Le futur antérieur exprime pour l’avenir les mêmes rapports que le plus-que-parfait pour le passé, et un exemple du même genre suffit pour faire connaître l’usage du passé défini.
Nous l’avons déjà dit d’ailleurs, et nous ne cesserons de le répéter, l’art des contrastes est infiniment précieux dans l’enseignement des sourdsmuets. Nul procédé ne pourra produire, quelque ingénieux qu’il soit, des résultats aussi satisfaisants et aussi rapides.
Les autres temps de l’indicatif sont ensuite enseignés dans l’ordre le plus logique ; les applications doivent être toujours faites avec une méthode parfaite ; le choix des exemples mérite beaucoup de soin, et on ne doit jamais y procéder qu’avec la plus sérieuse attention. — La concordance des temps entre eux suffit pour faire comprendre aux élèves Futilité des temps et modes du subjonctif; ils ont avec ceux de l’indicatif du futur et du conditionnel une corrélation tellement directe qu’il est indipensable de les étudier aussitôt que tous les autres sont sus. 11 ne serait pas possible d’ailleurs sans cela de faire l’application de plusieurs expressions déjà ap-