‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 152 sur 200 · PARTIE H. — CHAPITRE IL 30S · texte numérisé non relu

PARTIE H. — CHAPITRE IL 30S

prises, ou qu’il est essentiel d’apprendre de bonne heure, telles que certaines conjonctions après lesquelles on met invariablement le subjonctif. Mais il est presque impossible de faire connaître aux élèves les règles par suite desquelles la correspondance des temps entre eux doit avoir lieu, parce qu’elles ne sont pas uniformes et invariables, et que c’est dans bien des cas le jugement de chaque personne qui lui sert de guide en pareilles matières. Si tous les principes ne sont pas fixes, et sont ainsi subordonnés à des appréciations de l’esprit, il est néanmoins des indications fournies par l’usage et sur lesquelles tous les grammairiens sont d’accord. Ce sont celles-là surtout que nous devons nous attacher à graver d’abord dans la mémoire de nos élèves, non pas, ainsi que nous l’avons déjà dit, à l’aide de démonstrations dont la subtilité fatiguerait leur attention et ne laisserait aucune trace dans leur esprit, mais par la pratique la mieux raisonnée et la plus prudente. Nous avons toutefois acquis la conviction que les exemples les mieux choisis ne suffiraient pas toujours en pareil cas, et qu’il fallait avoir recours à un autre moyen. Nous n’en avons pas trouvé de meilleur, pour vaincre la plupart des difficultés que présente cette partie de notre enseignement , que de faire conjuguer en regard l’un de l’autre les temps et les modes entre lesquels il existe

SOà MUTISME ET SURDITÉ.

le plus habituellement des rapports du genre de ceux que nous venons d’indiquer.

L’étude du verbe présente encore plus d’une difficulté très sérieuse ; il en est une toutefois qui doit fixer avant tout l’attention des professeurs de sourdsmuets : nous voulons parler des cas où il convient de mettre entre deux verbes, dont l’un est, en quelque sorte, le régime de l’autre, une préposition. Il y a, en effet, des verbes après lesquels on met la préposition de , d’autres qui régissent la préposition à, d’autres qui prennent tantôt l’une et tantôt l’autre ; d’autres, enfin , qui n’en prennent pas du tout. Où sont les règles qui peuvent nous servir de guide ? 11 n’en existe pas d’autres que l’usage ; chacun a sur ce point encore les aperçus de son esprit, les principes qui résultent des appréciations de sa propre raison. Une longue habitude de la langue et beaucoup de délicatesse dans le goût donnent à certains hommes le droit de poser, en quelque sorte, des règles, en faisant des verbes une classification, et ce qu’on a de mieux à faire en pareil cas, c’est de s’en rapporter à leurs indications. Il convient donc de faire un tableau exact de tous les verbes qui prennent une préposition et de les faire apprendre aux élèves, en ayant soin d’y joindre toujours la préposition ; on s’évitera ainsi beaucoup de fatigue, et l’enseignement se trouvera notablement simplifié.

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