‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 153 sur 200 · PARTIE IL—CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE IL—CHAPITRE II

les nombreuses difficultés que l’étude des verbes présente au sourd-muet disparaîtront alors, en très grande partie, à l’aide des moyens que nous avons adoptés, et dont nous connaissons déjà toute l’efficacité.

Le participe , enfin, cet épouvantail de tous les jeunes écoliers, ne nous offre presque aucune difficulté ; c’est de toutes les parties de la grammaire celle qui s’enseigne et s’apprend le mieux par des applications. Une seule chose est nécessaire ici, comme dans toutes les autres parties de l’éducation des sourds-muets, c’est que le professeur sache se rendre un compte bien exact de ce qu’il veut enseigner. Toutes les fois que le participe présen t ordinaire est exprimé, on peut le remplacer par une autre forme de phrase connue des élèves ; précédé de en , il nous représente deux actions faites simultanément par. la même personne. Le sourd-muet, qui connaît déjà une locution du même genre par suite de l’étude qu’il a faite de l’imparfait, n’éprouve donc pas le moindre embarras lorsqu’il s’agit de l’emploi du participe présent.

Le participe passé est pour nous un véritable adjectif, même quand il est suivi du verbe auxiliaire être ou du verbe avoir. Toutes les fois, au contraire, où l’accord du participe n’a pas lieu avec son sujet, nous en faisons autant d’exceptions à .la

règle générale posée d’abord. Le sourd-muet, qui comprend bien , ne manque pas de nous demander pourquoi ce qui est régulier dans tel cas ne l’est pas dans un cas analogue. Pensez-vous que nous nous efforcions alors de lui expliquer toutes les règles d’après lesquelles ces modifications ont lieu ? Nous n’obtiendrions d’autres résultats que de porter le trouble dans son esprit. N’est-ce pas l’usage, d’ailleurs, qui, aidé du bon goût, a déterminé les principes qui régissent cette matière? Ces principes n’ont pas toujours été les mêmes ; et, à moins de considérer la langue comme ayant atteint son dernier degré de perfection, il est permis de croire qu’ils se modifieront encore. Rien de plus simple , dès lors, que de donner au sourd-muet la raison véritable de toutes ces espèces d’anomalies: on lui dit que l’usage, dont l’autorité est en toute chose si despotique, le veut ainsi.

On voit, d’après ce qui précède, qu’il est facile de donner au sourd-muet une connaissance parfaite des temps et des modes du verbe, sans avoir recours aux expédients, toujours si compliqués, mis en usage par l’abbé Sicard, ou aux définitions de son illustre prédécesseur, l’abbé de l’Épée, qui ne croyait pouvoir mieux-faire en pareil cas, ainsi que nous l’avons déjà dit ailleurs, que de numéroter les temps du passé de l’indicatif en les appelant pre-

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