‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 156 sur 200 · PARTIE II. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

PARTIE II. — CHAPITRE

tions avec le second. Le premier exercice consiste dans l’étude de quelques mots dont on ne nous indique pas même le caractère particulier. L’auteur ne paraît avoir eu en vue que la distinction des genres. Le dessin est d’ailleurs considéré par lui comme le premier moyen de communication; il lui sert comme d’un intermédiaire nécessaire entre la pensée et les gestes.

M. Bébian fait, du reste, de la nomenclature un usage très modéré et parfaitement judicieux; mais ensuite il insiste trop longuement sur des parties du discours qui sont destinées à spécialiser la valeur des formes grammaticales : aussi sa marche, lente et un peu confuse, n’est pas toujours d’une régularité parfaite. Quelques parties de cette méthode sont indiquées avec beaucoup de netteté : telles sont celles qui ont rapport à la phrase incidente , aux pronoms relatifs, etc. Mais que de lacunes dans beaucoup d’autres points ! Le verbe surtout, cette partie essentielle du discours, y est traité sans aucun soin ; la concordance des temps, contre laquelle le sourd-muet fait, lors même qu’il est déjà instruit, des fautes grossières, y est à peine indiquée ; les expressions conjonctives, les locutions adverbiales, les phrases adversatives, qui jouent un si grand rôle dans la construction des périodes, sont presque entièrement négligées. Le

verbe en outre est enseigné beaucoup trop tard, ou du moins on ne commence pas à en faire usage assez tôt. Nous n’approuvons pas non plus le procédé qui consiste à séparer le radical de la terminaison ; cette opération est trop savante, et elle n’apporte au sourd-muet aucun secours pour apprendre la signification et la conjugaison des verbes. Il ne s’agit pas encore, d’ailleurs, de lui enseigner les règles de la formation des temps, mais seulement de lui faire connaître la valeur et l’utilité de chacun d’eux. Nous ne voulons pas faire de lui un grammairien par la théorie, mais bien par la pratique, et nous devons laisser de côté, avec le plus grand soin, tout ce qui ne nous est pas d’une utilité immédiate.

« Le signe de futur se compose, dit M. Bébian, des signes de demain , demain, demain , etc., que l’on abrège en portant simplement la main en avant (1). »

Il n’est nullement nécessaire d’avoir recours à ce mode de démonstration, qui peut avoir plutôt pour résultat de jeter le trouble dans les idées de l’élève, que de lui donner une définition exacte de la valeur du futur, qui est un temps indéfini, et qu’il importe de présenter comme tel. Si vous

(1) Bébian , Manuel d’enseignement pratique des sourdsmuets, lome il, page 76.

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