‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 158 sur 200 · PARTIE 11. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE 11. — CHAPITRE II

drait commencer ? Ces deux expressions trouvaient naturellement leur place après la distinction du nom et de l’adjectif ; elles sont indispensables pour l’étude de la proposition simple, et on ne saurait en acquérir trop tôt \a connaissance. Le verbe en général présente d’ailleurs bien moins de difficultés quand on a appris ceux qui servent de pivot à toutes les conjugaisons.

Enfin, nous ne saurions trop blâmer l’usage des chiffres pour la distinction des éléments de la proposition. M. Bébian, convaincu, comme nous, qu’il serait superflu d’expliquer à l’élève les noms des diverses parties de la phrase simple, ne pense pas néanmoins pouvoir les laisser sans une désignation quelconque, et il se sert de chiffres pour les lui faire connaître. Nous voudrions bien qu’on pût nous dire en quoi l’élève est plus instruit quand il sait que le n° 1 se met sur le sujet et le n° 2 sur le verbe ! La connaissance de la langue amène à celle de la théorie des chiffres ; mais la théorie des chiffres ne facilite pas le moins du monde l’acquisition des éléments de la proposition. A quoi cela sert-il donc? à fatiguer en pure perte l’attention des élèves, et à peupler leur esprit , déjà si peu sûr de luimême , d’une infinité d’idées étrangères au but que l’instituteur se propose.

M. Bébian, enfin, paie un dernier tribut à la mé-

moire de l’abbé Sicard , en adoptant entièrement ses idées sur le danger d’enseigner de bonne heure l’article, dont il renvoie ainsi l’étude après celle des pronoms régimes directs, et cela par la raison qu’il aurait fallu présenter ensemble plusieurs difficultés. L’article sert, en effet, tantôt à généraliser et tantôt à spécialiser ; il y a donc , comme le dit M. Bébian, un intervalle énorme entre ces deux applications du même mot. Mais il n’y aurait d’embarras pour l’élève qu’autant que le professeur serait assez inexpérimenté ou assez imprudent pour vouloir enseigner en même temps les deux significations: il faut donc lui apprendre en son lieu, c’est-àdire dès le commencement, la plus simple, et ajourner, après l’étude du verbe et de la préposition, celle qui présente plus de difficultés.

De tout ce qui précède il résulte donc que l’ouvrage de M. Bébian, remarquable par les connaissances grammaticales dont il y a fait preuve et la bonté des procédés qu’il y indique, n’est en quelque sorte qu’une ébauche: il est fortement à regretter qu’il n’ait pas eu le loisir d’y mettre plus de soin, et de compléter une œuvre dont plusieurs parties sont traitées avec un rare talent, et qui promettait d’être si parfaite. Le Manuel d’enseignement pratique a du reste été, pour l’enseignement de l’école de Paris surtout, d’un grand secours : car, au moment où il

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