‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 16 sur 200 · PARTIE I. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I. — CHAPITRE I

cupe au plus haut degré les familles, et dont la solution , quelle qu’elle soit, mérite de fixer l’attention des hommes qui s’intéressent au bien-être de leurs semblables ; nous voulons parler de la transmission de la surdité d’une génération à une autre, en d’autres termes, de la question de savoir si la surdité est héréditaire, ou bien, si elle est toujours occasionnée par un fait isolé qui se produit par hasard et sous l’influence d’une cause passagère dans une famille. L’opinion des hommes qui ont étudié cette question n’est peut-être pas unanime, en ce sens qu’il en est qui pensent qu’il y a plus de danger pour les générations qui auront pour chef un sourdmuet, que pour une autre famille. Il faut convenir, toutefois, que bien peu de faits viennent à l’appui de cette pensée. Nous avons connu bien des sourdsmuets mariés , soit entre eux , soit avec des parlants ou des parlantes, nous n’avons pas appris qu’il y en eût un seul qui ait eu un ou plusieurs enfants affligés de la même infirmité que lui. Clerc et Massieu, les deux élèves dont l’abbé Sicard a fait admirer les précieuses facultés intellectuelles au monde entier, sont mariés l’un et l’autre : le premier, avec une sourde-muette ; le second, avec une parlante ; tous deux ont des enfants qui entendent et parlent comme tout le monde. Le mariage des sourds-muets, non pas entre eux, nous dirons plus tard pourquoi ces

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sortes d’alliances sont rares, mais avec des parlantes , est un fait qui se produit journellement, et non seulement nous n’avons jamais entendu dire qu’il ait donné naissance à des sourds-muets, mais nous n’avons connu à l'école, depuis plus de quinze ans, aucun enfant qui eût des proches parents sourds-muets. Nous allons maintenant faire connaître ce que nous avons appris sur ce point, soit des autres écoles, soit des documents qui appartiennent à celle de Paris.

On rapporte qu’il y a en Amérique une famille dont le père étant sourd-muet a donné naissance à quatre enfants qui sont frappés de la même infirmité ; qu’il y en a une autre qui compte deux sourdsmuets au nombre de ses enfants. Enfin, dans le rapport annuel de 1828 de l’institution de Hartford, se trouve consigné un fait plus extraordinaire encore , c’est que deux sourds-muets qui étaient alors dans cette école avaient chacun quatre cousins ou cousines, tous sourds-muets, et tous descendant, par lignes séparées, d’une seule bisaïeule qui entendait et parlait, et il n’y avait pas un seul sourdmuet dans les deux générations intermédiaires.

Il résulte aussi d’un travail fait et publié par M. Guyot, directeur de l’institution de Groningue, que sur vingt-huit mariages contractés par des muets avec des filles entendantes, seize ont produit

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