‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 17 sur 200 · PARTIE I. - CHAPITRE · texte numérisé non relu

PARTIE I. - CHAPITRE

des enfants entendants. On ne dit pas, il est vrai, si les autres en ont produit de sourds-muets ; mais le silence permet de supposer que non. Huit sourdesmuettes ont été mariées à des parlants, et sept ont eu des enfants jouissant de la plénitude de leurs facultés.

Enfin, sur six sourds - muets mariés avec des sourdes-muettes, un a des enfants qui entendent, et un autre en a quatre, parmi lesquels on compte deux sourds et deux parlants, nés alternativement.

A Paris les faits recueillis sont encore bien moins concluants ; mais il est vrai de dire aussi que nous n’y avons pas donné les mêmes soins. Parmi les nombreux individus dont nous avons pu connaître les rapports de parenté, nous en avons trouvé un seul qui, étant sourd-muet au milieu de cinq enfants qui entendaient, descendait d’une grand’mère paternelle sourde-muette comme lui; un second, également seul sourd-muet parmi cinq enfants, dont le père avait une tante et un frère sourdsmuets , et un troisième qui, ayant six frères infirmes comme lui et deux autres qui entendaient, avait une tante sourde-muette.

De tous ces faits, il résulte bien, ce nous semble, la preuve que les familles dans lesquelles il y a déjà eu des sourds-muets ne sont pas pour cela préservées du retour de cette calamité; mais nous

n’y voyons pas la preuve la moins sérieuse que la surdité soit le moins du monde transmissible par l’union de ceux qui sont affligés de cette infirmité, soit entre eux, soit avec des parlants; rien n’établit surtout dans les observations faites dans les divers pays qu’elle soit non plus comme les écrouelles, qui restent fort souvent, comme on sait, pendant plusieurs générations sans se produire , et qui reparaissent ensuite, lorsque tout-à-coup une circonstance de temps ou de lieu développe dans un individu la constitution scrofuleuse qu’il tient de sa famille. Nous pensons donc que de toutes les questions que soulève ce grave sujet des causes de la surdité, il n’en est aucune sur la solution de laquelle le doute soit moins permis ; les sourds-muets sont d’ailleurs bien assez malheureux, et il ne faudrait pas permettre que des préjugés absurdes ou des craintes chimériques en fissent de plus en plus un peuple de parias.

Il ne nous reste plus maintenant à signaler qu’une seule des causes générales qui peuvent donner lieu à la surdité congéniale; mais celle-là exerce son action d’une manière bien plus étendue et plus funeste sur la première enfance que toutes les autres ; nous voulons parler des influences atmosphériques , de celles surtout qui tiennent au sol et au climat. Les endroits bas et humides, les vallées

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