‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 163 sur 200 · PARTIE il. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE il. — CHAPITRE II

gence a pris un essor immense. Montrez-lui la faible semence qui a renfermé le germe de Farbre immense qui, depuis plusieurs siècles, domine les édifices les plus élevés ; dites-lui que l’homme ne peut pas faire de telles choses ; que c’est Dieu qui a mis sous cette enveloppe de si petite dimension un germe qui peut se développer et devenir aussi un jour un arbre aussi élevé et aussi remarquable que celui qui l’a produit; qui a répandu dans toute la nature un principe d’après lequel les plantes, les arbres se multiplient, et que c’est en vertu de ce principe que la terre devient fertile et pourvoit à l’existence des hommes. Le sourd-muet comprend alors la toute-puissance de Dieu. Sa bonté n’est pas pour lui plus incompréhensible. N’est-ce pas par lui que nous avons des vêtements pour nous couvrir, des aliments pour nous nourrir? Et si les hommes ont élevé les toits sous lesquels nous nous abritons, qui donc leur a donné les matières premières dont ils se servent, de qui tiennent-ils surtout l’intelligence qui fait que, seuls parmi les habitants de la terre, ils savent placer avec ordre et symétrie les pierres les unes au-dessus des autres, pour se faire des habitations que leur industrie embellit ensuite de mille ornements? Dieu donc a communiqué à l’homme une étincelle de sa suprême intelligence ; renfermée dans un corps matériel, elle agit, elle

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le gouverne; et lorsque ce corps, qu’elle devait animer, se détruit, elle fait retour à Dieu, dont elle émane , et qui lui demande compte de la manière dont elle a rempli la mission qui lui avait été confiée. Voilà donc l’immortalité de l’âme, les peines et les récompenses de l’autre monde, et la justice si parfaite de Dieu expliquées à l’aide d'un seul trait et sans aucun effort. Le sourd-muet alors est disposé à tout écouter ; l’idée d’une autre vie le soutient et le console , et il se sent plus fort depuis qu’il a appris que les plus puissants, parmi les hommes, ont une organisation intellectuelle qui n’a d’autres principes que la~sienne, et que , devant Dieu, tous les hommes sont soumis à une loi commune et jugés selon leurs œuvres.

Voilà l’éducation du sourd-muet complètement terminée, aussi bien sous le rapport physique que pour le monde intellectuel. Ses connaissances doivent s’étendre encore, mais son regard a pénétré partout, et il n’est aucune des idées mises à la portée de l’homme qu’il ne puisse concevoir. Mais, pour atteindre sûrement ce but, il faut qu’il y ait dans la marche et la division des études un ordre parfait ; que toutes les difficultés s’enchaînent, et que le développement progressif de l’intelligence soit combiné de manière à favoriser surtout celui des qualités du cœur.

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