‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 168 sur 200 · PARTIE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II. — CHAPITRE II

Mais ce qu’il importe avant tout, c’est que le système de rotation disparaisse définitivement de l’école, dont il est le fléau. Assignez aux professeurs leur tâche, chacun d’eux perfectionnera chaque année les procédés à l’aide desquels il instruit ses élèves ; des rapports existeront forcément entre lui et ses collègues; il leur communiquera ses vues, et il aura intérêt à connaître les leurs : l’accord, l’unité et la méthode surtout reparaîtront ainsi dans l’établissement, d’où ils sont absents depuis bien des années. Que de progrès alors ne feront pas les élèves! Nous savons très bien qu’il est bon de se tenir en garde contre le désir immodéré des innovations ; qu’il faut marcher dans cette voie avec prudence et maturité ; mais les inconvénients de ce mode de répartition des études sont si évidents, si monstrueux, qu’aucune personne de bonne foi ne pourrait les nier. L’école de Paris, grâce à la sagesse de son administration actuelle et au zèle de ses professeurs, est sortie, il est vrai, presque triomphante de la lutte incessante qu’elle soutient contre tous les obstacles qui résultent de cette situation anormale ; les études s’y sont perfectionnées, et elles sont encore en voie de progrès ; mais ce progrès est lent, embarrassé ; et, à moins qu’il ne s’opère dans leur organisation des améliorations promptes et complètes, l’école restèra, quoi qu’on fasse, soumise à

l’influence désastreuse d’une anarchie morale toujours croissante.

Le ministère de l’intérieur, duquel dépendent les deux écoles qui seules sont directement placées sous la surveillance de l’État, a prouvé qu’il ne négligerait rien pour assurer au petit nombre de sourdsmuets qui ont le bonheur d’y être admis tout le bien-être désirable ; mais, essentiellement administratif et politique par son organisation , il ne pourra rien faire pour le perfectionnement des méthodes et pour la généralisation de l’enseignement, et, malheureusement, 1 état actuel de l’institution de Paris, ne peut remédier à ce défaut absolu d’initiative de la part du gouvernement. Les hommes en qui résident l’expérience et le savoir, que seule elle procure, sont en quelque sorte tenus en dehors de toutes les positions auxquelles s’attache l’influence nécessaire pour entreprendre avec espoir quelque chose d’utile. On dirait que le talent qu’ils montrent dans l’exercice de leurs pénibles et difficiles fonctions les rend inaptes à en remplir d’autres, et que seuls iis soient incapables de faire autre chose que ce qu’ils ont fait pendant la plus grande partie de leur vie.

L’école n’a d’ailleurs aucune action sur celles qui existent en France ; tout son ascendant sur elles provient de ce qu’elle est l’école-mère. Il n’existe

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