‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 18 sur 200 · PARTIE I. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I. — CHAPITRE I

profondes, les bords des ravins et des étangs, produisent les effets les plus pernicieux et sur la santé des parents et sur celle des enfants. La malpropreté et la mauvaise nourriture donnent lieu aussi à de fréquentes maladies; mais aucune de ces causes ne nous a paru avoir plus agi sur la constitution des sourds-muets que l’humidité : une atmosphère chargée de vapeurs humides ne peut qu’avoir une action très malfaisante ; aussi, remarque-t-on qu’un grand nombre de parents des enfants admis dans nos écoles habitaient, à l’époque de la naissance de leur enfant sourd-muet, des rez-de-chaussée humides ou des usines placées sur des nappes d’eau stagnante. Les montagnes très hautes, sur lesquelles l’air est plus rare, le voisinage des forêts autour desquelles règne l’humidité et où la température n’est jamais très égale, offrent aussi un séjour dangereux, contre lequel il est utile de prémunir les jeunes familles surtout qui ont le plus à redouter l’infirmité dont nous nous occupons. A l’appui, d’ailleurs, de nos assertions, qui ne sauraient être contestées, la statistique spéciale des sourds-muets nous produit le fait suivant, qui ne manque pas de gravité : les époux M... ont eu huit enfants, dont cinq étaient sourds-muets ; quatre de ceux qui étaient sourds et deux parlants étaient nés à Rebrechieu, maison dite du Jeu-de-Paume. Cette

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habitation est auprès de la forêt d’Orléans, dans un endroit élevé et sain. Toutefois, ceux qui l’habitaient avant les épouxM... y avaient eu trois enfants , dont deux étaient sourds-muets.

Nous ne voyons pas là, du reste, ainsi que nous l’avons dit, la cause immédiate de la surdité, mais le principe des maladies dont elle est souvent une des conséquences les plus désastreuses. Et, sous ce rapport, ces diverses influences agissent sur l’organisme de l’individu avant et après sa naissance.

Dans la troisième période de la vie où l’infirmité se produit, c’est-à-dire dans le bas âge, les causes occasionnelles de la surdité sont infinies et variées comme les maladies qui sont propres à l’enfance ; nous retrouvons là toutes les fâcheuses influences que subissait la mère, et qui ne pouvaient arriver à l’enfant qu’après avoir agi sur elle. La peur, surtout , est une des impressions les plus funestes au jeune âge ; et cependant les gens dépourvus d’expérience se font un jeu cruel de tourmenter ainsi les petits enfants. Mais, avant même de pouvoir être soumis à l’épreuve plus ou moins funeste de ces impressions , que de dangers court l’existence et surtout l’ouïe de l’individu ! Les accouchements prématurés portent dans l’économie animale une perturbation profonde et qui rend très facile, et fort à craindre dés lors, une altération des organes de

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