‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 19 sur 200 · PARTIE I. — CHAPITRE t · texte numérisé non relu

PARTIE I. — CHAPITRE t

E audition. Tous les obstacles que rencontre le travail de l’enfantement, et tous ceux surtout qui nécessitent l’emploi des moyens exceptionnels, ne mettent-ils pas également en péril cette partie si délicate de l’organisme humain? Et puis, viennent l’inhabileté de la sage-femme , et cette pratique absurde , autant que dangereuse, de certaines matrones , qui croient donner plus de perfection à là tête, cette œuvre si merveilleuse de la nature , en remaniant les os, et exercent ainsi, sans le vouloir, une sorte de compression sur le cerveau. L’ossification n’étant pas encore complète, quelques unes des parties les plus essentielles de l’organe auditif peuvent être dérangées et cesser à tout jamais leurs fonctions.

Immédiatement après la naissance, les enfants sont souvent exposés à l’air trop froid, et le refroidissement qui en résulte ne peut que leur être funeste; et puis, enfin , commence alors cette série de dangers et de maladies qui font de l’être le plus faible, celui qui paraît le plus destiné à souffrir : ce sont les fièvres miliaires, les fièvres éruptives, les convulsions, la rougeole, les fièvres cérébrales, les vers, la dentition , toutes les maladies cutanées, les affections nerveuses, les scrofules, et tant d’autres encore, qui toutes agissent sur le cerveau ou sur l’appareil nerveux. Nous croyons aisément, du

reste, que, selon que c’est à l’une ou à l’autre de ces deux parties principales de l’organisme humain que se rattache la surdité, l’infirmité a un caractère distinct, qu’elle offre plus de chance de guérison dans un casque dans l’autre, et qu’elle occasionne une lésion moins profonde des facultés intellectuelles.

Combien d’enfants aussi ont été livrés aux nourrices dans un parfait état de santé, et qui se trouvent atteints de surdité quand ils les quittent ! Parfois elles sont tout-à-fait innocentes du mal qui s’est produit ; mais combien de fois aussi il a été déterminé par l’absence de soins, par les privations, une nourriture malsaine ou de mauvais traitements ! La surdité est une infirmité des classes pauvres, et il ne faut pas s’en étonner, la misère n’éntraîne-t-elle pas après elle, comme un cortège obligé, toutes les influences délétères, toutes les causes morbides que nous avons signalées? Quels soins la meilleure des mères peut-elle donner à ses enfants lorsqu’elle n’a que son travail pour calmer leur faim? Obligée de les quitter sans cesse pour eux - mêmes, elle souffre de leurs douleurs, et elle n’a bien souvent d’autre nourriture que le bonheur de les voir vivrè encore un jour du mince produit de son travail. Mais alors le froid et la maladie ont souvent jeté la perturbation dans leur organisation si débile ! Le mal avec le mal, la misère avec la misère, n’est-ce pas

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