‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 182 sur 200 · PARTIE 11.—CHAPITRE Ht · texte numérisé non relu

PARTIE 11.—CHAPITRE Ht

tion de ses semblables , ces derniers peuvent, en général, plus que lui,l’étendre et la perfectionner, sous le rapport principalement de l’acquisition de la connaissance de nos langues parlées ; et de là ressort avec la dernière évidence un des plus graves inconvénients du système de rotation adopté si mal à propos, il y a quelques années, à l’institution de Paris. Tout le monde peut juger, en effet, si, indépendamment des autres vices que présente ce mode de répartition des élèves, il peut être profitable de^ charger un professeur, qu’il soit parlant ou sourd-muet, d’une grande capacité ou d’une capacité médiocre, de commencer et de finir l’éducation des élèves qui lui sont confiés.

Il est donc permis d’espérer que cette situation anormale ne se prolongera pas longtemps encore ; le moment approche, d’ailleurs, où l’on comprendra la nécessité d’organiser d’une manière régulière l’enseignement des sourds-muets en France. Les États les plus voisins nous ont donné à cet égard, comme nous l’avons déjà dit, des exemples que nous ne pouvons nous empêcher de suivre ; la Belgique surtout, que nous aimons à citer, moins encore par suite des sentiments de reconnaissance que nous éprouvons personnellement pour le sage monarque auquel elle a remis le soin de régler ses destinées, qu’à cause des mesures si éminemment

philanthropiques qu’elle a arrêtées, n’a cessé, depuis qu’elle a reconquis son indépendance, de poursuivre l’œuvre réparatrice qu’elle a entreprise à l’égard des malheureux de toutes les conditions. Les sourdsmuets ont une large part à ses bienfaits ; une mesure législative, qu’on ne saurait trop louer, met à la charge des villes et des provinces leur éducation , et l’État vient en aide à celles qui ne peuvent suffire à ces dépenses ; et, comme si ce n’était pas assez pour qu’aucune infortune ne puisse désormais échapper à la munificence de l’État, une commission permanente, composée des hommes les plus éclairés, a été créée dernièrement en vertu d’une ordonnance royale, pour rechercher les meilleurs moyens de rendre plus efficaces et plus complets les secours de toute nature que reçoivent les malheureux. De tels actes n’honorent pas moins le pays que son gouvernement ; car ils prouvent que si la sollicitude de l’un veille sans cesse sur le bienêtre des peuples, ceux-ci savent s’associer à toutes les mesures que lui inspirent ses sentiments d’humanité.

La Hollande et le Danemark n'ont rien négligé également pour améliorer par l’éducation le sort des sourds-muets. Les sentiments philanthropiques n’ont pas manqué non plus en France. La Convention nationale avait, sur le rapport de son comité de

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