PARTIE I. — CHAPITRE I
ne permettent de l’apercevoir que lorsqu’il est le plus so uvent devenu presque inutile d’en entreprendre la guérison.
Le diagnostic de cette infirmité n’est pas toujours chose facile ; mais n’oublions pas que c’est à peine depuis hier que la science est entrée dans cette nouvelle carrière, et elle ne peut manquer d’y faire d’utiles découvertes. Non seulement elle ne connaît pas encore le remède, mais le mal lui-même lui est en quelque sorte inconnu. Un jour, peutêtre , elle saura, à quelques rares exceptions près, quelles sont les causes qui occasionnent la surdité ; elle saura surtout quelles sont les maladies du bas âge dont elle est presque toujours symptomatique ; quel est le caractère particulier de la surdité occasionnée par chacune d’elles et les moyensde guérison les plus efficaces à employer dans chaque cas. Elle fera mieux encore : car, lorsque se déclarera une de ces maladies dont on saura qu’une des suites les plus inévitables est la surdité, elle réunira à propos les moyens de prévenir cette calamité ; elle mettra donc, en quelque sorte, l’audition en sûreté contre le danger qui la menace. Alors , mais alors seulement, les cas de surdité seront infiniment plus rares, et la médecine ne sera plus réduite à faire l’aveu désolant de son impuissance à la guérir.
Maiss’il appartientaux hommesde l’art de détruire
la surdité existante, il est aussi du devoir de l’hygiène de l’empêcher de se produire. La surdité est presque toujours la suite de maladies ou d’accidents survenus à la mère pendant la grossesse , ou à l’enfant pendant le bas âge. Combien de ces accidents et de ces maladies dont les suites sont si funestes pour les familles, pourraient être évités avec un peu plus de prudence et moins de légèreté! N’accusons donc pas la nature de ces sortes de calamités ! soyons plus justes à son égard ! Elle a fait pour nous presque toujours tout ce qu’on était en droit d’attendre d’elle; c’est nous, ensuite, qui altérons son ouvrage, et qui jetons, par notre légèreté , le désordre dans l’organisation si harmonieuse de l’homme.
Par cela même que la médecine ne Connaît encore aucun remède pour la guérison de la surdité de naissance, ceux qui en sont affligés se voient journellement exposés aux tentatives les plus insensées, aux expériences les moins justifiables : les empiriques se sont emparés d’eux, et s’en sont fait des instruments de déception d’autant plus commodes , qu’il n’est pas un père de famille qui ne fût disposé aux plus grands sacrifices pour obtenir la guérison de son enfant. Il n’est donc pas sans quelque utilité de faire connaître ici les curatifs que M. Itard et quelques autres praticiens distingués ont cru devoir employer en pareil cas. Rien, en