‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 23 sur 200 · PARTIE L - CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE L - CHAPITRE I

effet, dans leur méthode n’est abandonné au hasard; ils travaillaient, eux, pour la science et pour l’humanité , etnon pour le gain illicite quipouvaitrésulter de l’emploi de procédés ou d’instruments souvent dangereux et presque toujours d’un usage difficile.

On avait d’abord attribué la surdité à des humeurs durcifiées et accumulées dans l’intérieur des oreilles; aussi avait-on employé les remèdes les plus propres à détruire ces obstacles ; les fumigations, les injections , les saignées, enfin les résolutifs les plus puissants avaient été inutilement mis en usage. Il n’est pas de procédés que M. Itard n’ait employés, pas de tentatives qu’il n’ait faites, dans sa longue carrière tout entière consacrée à l’étude de l’organe et des maladies de l’audition ; mais ses deux moyens principaux étaient la perforation du tympan et la sonde de la trompe d’Eustache. Ce dernier mode de curation a été l’objet de perfectionnements nombreux apportés par M. Itard dans les instruments qui servent à son application. On se tromperait fort, du reste, si l’on croyait que ces instruments peuvent rendre par eux-mêmes l’ouïe au malade qui est soumis aux expériences ; M. Itard ne s’en servait que pour s’ouvrir un passage plus commode jusque dans l’intérieur de l’oreille. afin de pouvoir y introduire , d’une manière plus efficace, les diverses substances qu’il croyait devoir employer en raison

de la nature du mal et du caractère particulier qu’il présentait dans l’individu qu’il avait à soigner. Les fumigations, puis les injections délayantes, furent les premiers moyens de guérison qu’il mit en usage. M. Deleau, qui s’occupe encore avec persévérance des maladies de l’oreille , et qui prétend même faire l’éducation des sourds à l’aide de l’audition, ne partageait pas entièrement ses vues à cet égard ; les douches d’air étaient préférées par lui, comme étant d’un usage bien plus efficace , et il leur a attribué les succès qu’il affirme avoir obtenus dans le traitement des maladies de l’oreille. Quoi qu’il en soit, rien jusqu’ici n’est venu apporter un soulagement bien marqué dans la position de ceux qui sont affligés de cette infirmité. Tous les essais et les tâtonnements, toutefois, n’ont pas encore cessé. « Je connais un médecin beaucoup plus consolant que M. Itard, dit M. Bousquet dans l’éloge historique qu’il a fait de cet habile praticien , et son secret est des plus simples. Il se contente d'insuffler un peu d’air dans les oreilles externes. Rien n’égale, comme on voit, la simplicité des moyens, si ce n’est l’importance des bienfaits. Les sourds-muets rendus à l’ouïe ! quelle gloire pour la science! Mais modérons notre joie de peur de blesser la délicatesse d’un confrère. Pour leur rendre l’ouïe, aux sourds-muets, ce n’est pas leur rendre la parole ; c’est seulement les mettre en

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