‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 26 sur 200 · PARTIE I. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I. — CHAPITRE I

coup de besogne et préservera les familles, déjà si malheureuses, d’une infinité de mécomptes.

Avant que la science et l’empirisme se fussent ainsi occupés de cette infirmité, un homme qui n’était pas médecin, mais dont les fortes études et la profonde érudition étaient une garantie parfaite de la bonté des expédients qu’il mettait en usage, M. Le Bouvier - Desmortiers(l), essaya de guérir les maladies de l’oreille à l’aide de l’électricité. « Vingt ans de pratique et des succès marqués obtenus depuis peu, dans des cas désespérés, m’ont fait croire, dit-il, que l’électricité pouvait concourir utilement à la guérison des sourds-muets. Agent peut-être universel, l’électricité, trop vantée par les uns, peu connue et trop décriée par les autres, doit avoir d’autant plus d’efficacité et mériter plus de confiance dans les cas dont il s’agit, que la ténuité de ses parties surpasse toutes les divisions mécaniques qui peuvent s’opérer dans le travail des sécrétions animales sur les substances soumises à l’action de nos organes; qu’on peut l’introduire sans efforts, sans trouble , sans danger dans les parties les plus cachées comme les plus apparentes , les plus délicates comme les plus solides ; que sa marche obscure ou étincelante, selon le besoin, mais toujours rapide

(1) Le Bouvier-Desmortiers, Mémoire ou Considérations sur les sourds-muets de naissance.

i6 MUTISME ET SURDITÉ.

comme la foudre, franchit les obstacles , détruit les engorgements, rend aux fibres le ton qu’elles avaient perdu ; enfin, parce que ce principe qui fait partie de nous même, qui pénètre les plus petits atomes de notre substance, qui agit continuellement en nous par la communication des corps qui nous environnent, doit être le plus propre à corriger les vices de notre organisation , quand des mains exercées le dirigent avec la prudence et l’habileté convenables. f

Personne ne doutera, après avoir lu ce passage, que l’auteur ne fut parfaitement persuadé de l’efficacité des moyens de guérison qu’il employait contre la surdité de naissance. 11 fit donc des expériences pendant six mois avec une sourde-muette : il employa d’abord des bains de vapeur, des injections avec différents liquides et le camphre en substance, et enfin l’électricité concurremment avec les autres; et il prétend que son élève, qui d’abord était dans un état de surdité absolue, finit par entendre le son du violon ; puis, que la sensibilité de l’oreille ayant peu à peu pris du développement, elle ne put supporter l’action du cornet acoustique, au bruit duquel elle était insensible auparavant.

Ainsi, le résultat ici a été, comme toujours et partout, un adoucissement momentané dans l’état du malade ; l’excitation continuelle produite dans

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