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elle veut exprimer l’étonnement, là pitié, la douleur, le plaisir; et la preuve que l’oreille du sourdmuet les distingue, c’est que sa voix peut les imiter plus ou moins parfaitement, »
Nous ignorons, quant à nous, complètement sur quels faits a pu être basé l’établissement de cette première division, et nous pensons que les individus, si peu nombreux d’ailleurs, qui en font partie, sont très mal à propos considérés comme sourdsmuets : ils ne sont pas sourds, en effet, puisqu’ils entendent la parole ; et, à moins d’être dans un état d’idiotisme absolu, ils ne peuvent être muets, puisqu’il est reconnu par tout le monde aujourd’hui et tout-à-fait hors de contestation que le mutisme est toujours, excepté dans deux cas exceptionnels qui ne peuvent se rencontrer ici, la suite nécessaire de la surdité: or, il serait absurde de prétendre-que l’effet peut exister sans la cause. Cela est si vrai, que nous sommes porté à croire que s’il était possible d’établir une échelle dans la surdité, on trouverait toujours dans le mutisme le même degré d’élévation ; bien qu’il ^oit hors de tout doute qu’une petite cause produit quelquefois un grand effet, il nous paraît hors de doute aussi qu’il y a entre l’absence des deux facultés une telle corrélation que toutes les fois qu’il sera possible de faire entendre au sourd-muet, à l’aide d’un procédé quelconque, cer-
tains sons, de même qu’alors il ne sera plus sourd, de même il ne sera plus muet, puisque bientôt il reproduira les bruits qu’il aura perçus.
Les individus que l’on considère communément comme sourds, sont ceux auxquels il est reconnu impossible de faire arriver nos communications orales par le tube de l’oreille, même en rendant la parole plus lente ou plus directe que dans les relations ordinaires de la vie entre individus qui jouissent de la plénitude de leurs sens. Cette classe ne comprend, dit M. Itard, qu’un quarantième des sourds-muets qu’il a observés pendant dix ans, c’est-à-dire, trois tout au plus. Il n’était vraiment pas nécessaire d’en faire une classification à part ; il valait mieux, s’il eût rencontré par hasard dans l’école quelques demi-sourds de cette espèce, les ranger parmi les individus qui ont une certaine dureté d’oreille. C’est à tort, en outre , qu’on les signale comme sourds-muets de naissance, d’abord parce que l’on convient qu’il est impossible de distinguer celui qui est devenu sourd avant de voir le jour de celui qui ne l’est devenu qu’après, et en outre parce que tous les enfants qui ont gardé un reste d’audition sont ceux qui ont été atteints de surdité par suite de maladies graves, à un âge plus ou moins avancé. En effet, plus l’ossification de la tête est formée, moins le danger de la surdité est