‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 4 sur 200 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DE LA SURDITÉ; SES CAUSES, SES EFFETS DIVERS; MOYENS DE GUÉRISON EMPLOYÉS JUSQU’A CE JOUR; RÉSULTATS QU’ON EN A OBTENUS.

De toutes les infirmités humaines, les plus désastreuses , sans aucun doute, sont celles qui frappent le siège de l’entendement. L’idiotisme, d’ailleurs, n’est pas seulement le résultat de l’absence complété de raison par suite de l’inaction de toutes les facultés qui font de l’homme un être pensant et réfléchi, c’est parfois aussi la conséquence d’un désordre plus ou moins étendu jeté au milieu de tous les

principes physiques et moraux qui constituent l’intelligence. Le mal qui frappe ainsi la pensée dans sa base a des suites dont rien ne peut égaler les funestes effets. L’homme, ainsi dégradé, possède à peine les sentiments instinctifs qui servent de règle de conduite aux animaux ; devenu entièrement automatique , il marche et agit sans que rien dans ses actions permette d’y entrevoir le moindre rayon lumineux. Il y a cependant parfois, même dans ce déplorable état de la nature humaine, quelques faibles espérances d’amélioration ; mais alors le mal n’est pas complet, et des soins donnés avec l’extrême prudence et toute la perspicacité dont quelques hommes érudits ont fait preuve depuis plusieurs années, peuvent peut-être rétablir jusqu’à un certain point les rapports naturels entre l’âme et les organes, et avoir pour résultat de fortifier ainsi dans le demi-idiot les germes si faibles de sa raison qui s’éteint. Jamais, sans doute, il n’acquerra un développement assez complet pour que son état de faiblesse mentale ne se révèle pas quelquefois au dehors, mais du moins il n’aura plus les caractères extérieurs de l’imbécillité ; il saura agir avec une sorte de discernement, et s’il a quelque chose de moins qu’un homme ordinaire, il ne sera plus possible de lui infliger la dégradante assimilation par suite de laquelle il se trouve mis au rang des animaux.

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