‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 40 sur 200 · PARTIE 1. - CHAPITRE · texte numérisé non relu

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qui, dans les écoles publiques, passaient pour être d’une force supérieure. Nous croyons pouvoir affirmer aussi que pendant les trois années où ces exercices eurent lieu d’une manière soutenue, l’institution n’eut pas, comme cela est arrivé trop fréquemment depuis cette époque, à déplorer la perte d’un seul élève garçon. La vétusté et le défaut de soins ont fait disparaître depuis longtemps de l’école les derniers vestiges du matériel qu’on avait acquis à grands frais; mais nous faisons des vœux bien ardents pour que les hommes bienveillants et éclairés qui dirigent la maison puissent bientôt réaliser le projet, que nous croyons qu’ils ont formé, de réparer ce désastre dont ils n’ont pas été témoins.

Quelque chose, toutefois, dans l’éducation des sourds-muets, supplée à ce manque absolu d’exercices corporels : ce sont les travaux manuels auxquels ils se livrent, pour la plupart, tous les jours, pendant plusieurs heures dans les ateliers. Mais plusieurs des états qu’ils apprennent, dont nous parlerons plus loin, en rendant les enfants trop sédentaires, et en leur imposant une immobilité qui se prolonge et se reproduit souvent, ont ün résultat tout contraire ; et peut-êtrè ne serait-il pas impossible d’établir que ceux que frappent certaines maladies organiques , sont presque toujours ceux qui, par la nature du métier qu’ils apprennent,

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sont maintenus dans un état habituel d’inaction

corporelle.

Dans leur extérieur, les sourds-muets n’offrent d’ailleurs rien de bien remarquable ; aucun signe particulier ne révèle, soit dans leur maintien, soit dans leur physionomie ,1a position tout-à-fait exceptionnelle que l’infirmité dont ils sont atteints leur a faite. S’ils ne gesticulent pas, il est presque impossible de reconnaître qu’ils sont sourds-muets. Pour celui, toutefois, qui est habitué aies voir, et qui lésa observés, il se manifeste toujours dans leur physionomie une mobilité assez sensible, même pendant les moments de repos. Leur regard a une expression plus vive, et semble toujours interroger les personnes et les choses qui sont autour d’eux ; on voit que là est concentré l’ensemble de leurs facultés intellectuelles, que c’est par là qu’ils reçoivent les impressions des objets extérieurs, et qu’ils révèlent le plus habituellement l’état de leur âme. Pendant la première jeunesse , et quelquefois pendant toute la durée de la vie, la surdité produit aussi à l’extérieur un autre effet assez caractéristique : les sourds-muets traînent leurs pieds en marchant, et glissent en quelque sorte lourdement sur la: terre. Ce fait, qui se produit aussi souvent dans les petits enfants qui entendent et très fréquemment dans les idiots, paraît tenir à deux causes : la première est évidemment la surdité, qui

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