PARTIE I. — CHAPITRE I
fera peut-être disparaître un jour complètement.
Ceci étant dit, occupons-nous de la surdité. La médecine, il faut le reconnaître, qui, pendant des siècles, s’était, à peine aperçue des maladies de l’oreille , a fait, depuis quelques années surtout, des recherches intéressantes sur les lésions nombreuses dont peut être affecté cet organe. M. Itard a donné en quelque sorte l’élan, et derrière lui sont entrés dans cette carrière nouvellement ouverte à la science, des hommes que distinguent beaucoup de savoir et une vive ardeur pour l’étude. Ils répareront, il faut l’espérer, l’inaction des temps passés, et l’art de guérir et la physiologie leur seront, sans doute, bientôt redevables de précieuses découvertes. Mais en résulterait-il aussi quelque bien pour la pédagogie? Hâtons-nous de déclarer d’abord que la surdité qui nous occupe n’a pas les mêmes caractères que celle qui a été principalement l’objet des méditations de la médecine. Des remèdes nombreux, produisant parfois des résultats assez satisfaisants, restant le plus souvent sans effet, ont été employés contre les divers cas de surdité accidentelle qui frappe l’homme à un âge plus ou moins avancé, mais longtemps après sa naissance. Ici, en effet, la surdité est réellement une maladie, et il serait absurde de prétendre que, dans tous les cas possibles, elle serait incurable. Aussi les prati-
tiens, et particulièrement M. Itard, citent-ils des faits nombreux qui prouvent qu’il n’est pas impossible d’arrêter le cours de ces affections. Rarement, toutefois, on a pu faire disparaître assez complètement les effets de ces lésions, qui ont des caractères variés à l’infini, pour rendre à celui qui en était affecté la plénitude de l’audition dont il jouissait auparavant. L’oblitération qui subsiste est plus ou moins étendue ; mais elle ne s’efface jamais d’une manière radicale. Il reste donc bien des choses à faire sur ce point là encore à la science.
Mais il est surtout une partie des maladies de l’oreille sur laquelle elle n’a que des données bien incertaines ; leurs causes, et par conséquent les moyens de les guérir restent encore entourés de ténèbres : nous voulons parler de la surdité innée, de la surdité congéniale et de la surdité du basâge , c’est-à-dire, de tous les cas de surdité dont le mutisme est la conséquence forcée, les seuls dont nous ayons à nous occuper, puisqu’il n’y a que les individus qui sont dans cette situation qui réclament nos soins et doivent être l’objet de notre sollicitude. « Les causes de la surdité, dit M. Itard, ne seront jamais que très imparfaitement connues, et cela surtout par les raisons mêmes qui m’ont fait confondre, sous ce nom , celle qui date de la naissance et celle qui survient dans le bas âge, c’est-à-dire l’im-