‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 8 sur 200 · PARTIE L — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE L — CHAPITRE I

possibilité de savoir si l’enfant estné sourd, ou s’il l’est devenu dans les deux premières années desavie(l).»

Cette affirmation de M. Itard ne nous semble pas être la conséquence logique des observations pleines de sagacité qui ont fait considérer son ouvrage comme une des plus remarquables productions médicales des temps modernes. Il a sans doute agrandi le cercle des connaissances humaines sur ce point ; mais trop préoccupé des effets de la surdité produite par suite d’accidents ou de maladies , il n’a que très imparfaitement donné son attention à la surdité organique ; il s’est d’ailleurs montré, le plus souvent, plutôt anatomiste que physiologiste, et la philosophie est entrée pour bien peu de chose dans ses appréciations. Il s’était imaginé d’abord, et cette idée ne l’a jamais complètement abandonné, que la surdi-mutité avait toujours pour cause la paralysie du nerf labyrinthique, c’està-dire , l’absence de toute lésion apparente du nerf auditif, tant après la mort que durant la vie.

Après cet aveu d’une incontestable franchise, il n’y a plus de doute sur les causes qui avaient pu égarer son esprit d’ailleurs si judicieux ; il avait promené son scalpel partout, et n’ayant rien trouvé, rien aperçu dans ses dissections anatomi-

(1) Traité des maladies de l’oreille et de l’audition.

ques qui pût lui expliquer la nature des altérations qu’avait subies l’organe de l’ouïe, il s’était sorti d’embarras à l’aide de la paralysie. Il avait peutêtre eu raison pour une des trois espèces de surdités qui produisent le mutisme, pour celle que nous avons qualifiée d’innée. Elle peut être , en effet, le résultat d’un vice de conformation , et dès lors, elle doit être considérée comme incurable ; car, comme

11 le disait fort bien, il n’appartient qu’à Dieu de faire quelque chose de rien ; et là où il y a absence complète d’un sens, l’art ne pourra jamais le créer. Mais la surdité congéniale et la surdité de première enfance n’ont évidemment pas les mêmes caractères ; pourquoi donc la paralysie les auraitelle occasionnées plutôt que tant d’autres causes qu’il serait particulièrement utile de connaître pour le praticien, et surtout pour ceux qui ont à s’occuper delà culture de l’intelligence? Nous voyons, dans le Traité des maladies de l’oreille et de P audition, une prodigieuse quantité d’espèces de surdité accidentelle observées, ayant toutes des caractères différents les unes des autres, et traitées à l’aide de procédés divers. Est-ce que les causes si nombreuses qui ont détruit chez l’adulte l’audition ne peuvent pas, à bien plus forte raison, produire le même effet dans l’enfant, avant et peu après sa naissance? La faiblesse organique de l’individu ne le prédispose-

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