PARTIE I. — CHAPITRE III
ment notre langue, s’il ignore la raison qui fait que dans un cas donné il ne se trompe pas? C’est absolument comme si on exigeait que l’homme qui meurt de faim fût privé de nourriture jusqu’à ce qu’il eût appris d’après quelles lois de la nature et quelles opérations de l’industrie elle s’obtient. Le pire de tous les systèmes ne serait-ce pas celui à l’aide duquel on voudrait commencer par où il faut finir ?
Il y a donc là aussi une profonde, une infranchissable ligne de démarcation entre l’enseignement du parlant et celui- du sourd-muet ; le point de départ n’est pas lé même, les moyens doivent aussi être essentiellement différents. Il se tromperait donc bien gravement celui qui croirait pouvoir les mener par la même route au terme commun , dans lequel ils doivent se rencontrer un jour, mais après avoir parcouru des voies bien différentes pour y arriver.