‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 93 sur 200 · PARTIE IL — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IL — CHAPITRE I

combinant avec d’autres, on multiplie les tons, les variations de la voix ; on produit des syllabes et des mots ; et non seulement ils sont en nombre suffisant pour cela, mais encore il n’est pas possible d’en émettre d’autres qui soient le résultat de l’unité de position à l’aide de laquelle ils sont produits.

Les sons primordiaux ne peuvent servir seuls à l’expression de la pensée. Il faut pour cela les associer à d’autres sons moins simples, et qui sont le produit de certaines combinaisons des parties mobiles de l’organe vocal. Le nombre des combinaisons possibles est très grand ; mais celui dont nous nous servons se réduit à dix-huit, qui sont représentées par vingt-quatre caractères écrits ; et pour peu qu’on veuille se donner la peine de réfléchir à la manière dont ces dix-huit modifications de la voix se produisent, on acquiert bientôt la certitude qu’il y a là aussi quelque chose de plus qu’une œuvre de l’intelligence humaine. Ces dix-huit tons divers de la voix sont : B, P, F, S, Z, T, D, L, N, ILL, GN, CH, J, K, GUE, R et M.

Faut-il dire maintenant comment ils sont produits, et à l’aide de quels pfocédés cette démonstration devient facile et l’imitation d’un succès presque toujours infaillible pour le sourd-muet? On va voir qu’il n’est pas d’homme qui , en reportant un instant son attention sur lui-même, ne

puisse s’en rendre un compte parfaitement exact.

Les consonnes, ou sons composés, ayant été placées dans l’ordre le plus logique, dans celui que la nature, qui procède toujours régulièrement, leur a assigné , nous pouvons commencer notre examen par les deux premières, P et B. Il suffit pour les prononcer de poser les lèvres l’une sur l’autre et de les séparer ensuite, en leur imprimant toutefois un léger mouvement de pression, et en ayant soin de faire vibrer, pour le B seulement, le souffleà travers la glotte. Ces deux lettres sont donc produites par le souffle, qui est l’élément essentiel et sine quâ non de la parole orale, modifié toutefois par les lèvres. De là ces deux consonnes ont été appelées labiales. Les secondes, F et Y, sont le résultat tout aussi certain de l’apposition des dents supérieures sur la lèvre inférieure ; on rentre ainsi d’un degré dans l’intérieur de la cavité buccale. Ici encore la vibration laryngienne n’a lieu que pour un des deux sons, pour celui qui est représenté par le Y. L’autre lettre a été abusivement appelée muette , et les deux ont été qualifiées de labio-dentales.

En plaçant les deux rangées de dents l’une audessus de l’autre, et en donnant au souffle une certaine impulsion, on prononce très bien le S ou CE et le Z, qui ont été ainsi fort à propos nommés lettres dentales. Il est certain que le souffle prend dans leur

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