PARTIE II. — CHAPITRE I
formation une part plus sensible que dans la plupart des autres cas. Il ne se fait cependant pas entendre autrement que par un léger sifflement lors de l’émission du S, tandis que pour le Z, il faut qu’il produise un frémissement préalable dans le larynx.
Rien, du reste, n’est plus facile que d’enseigner au sourd-muet ces sons composés. Sa vue saisit, en effet, parfaitement la disposition de l’organe, parce que les parties extérieures seules fonctionnent. Il en est tout autrement pour les consonnes dont il nous reste à faire connaître la formation, sauf toutefois pour le M, qui, à l’aide d’une indication particulière, rentre dans la première catégorie.
T et D ne peuvent être produits d’une manière convenable qu’autant que la pointe de la langue adhère contre le palais, derrière les dents incisives. Pour la première de ces lettres, la pression qui précède la séparation de la langue et du palais est plus forte que pour la seconde. Ici encore le souffle occasionne dans toute l’étendue des artères laryngées une vibration très appréciable au toucher pour le D. Elle n’existe pas pour la prononciation du T. La part qui revient au palais dans l’émission de ces deux lettres leur a fait donner, ainsi qu’aux suivantes, le nom de palatales.
En portant d’un degré la pointe de la langue en arrière contre le palais, on prononce sans difficulté
les sons L et N. Il y a toutefois ici une importante remarque à faire, c’est que le souffle, qui toujours avait trouvé un passage naturel dans la cavité buccale , la trouvant fermée, prend sa direction par le nez seulement pour le N, et imprime à ses parois un frémissement très facile à apprécier.
ILLetGN, quoique composés de plusieurs signes graphiques, ont avec les deux sons précédents une grande similitude. C’est, en effet, toujours la langue et le palais qui fonctionnent ; ici, toutefois, la langue s’étend plus que dans les cas qui viennent d’être indiqués; toute sa partie antérieure s’adapte légèrement au palais, et le signe écrit N, qui n’est ici qu’une partie intégrante du son GN, lui donne un caractère de nasalité que l’autre n’a pas ; ni l’une ni l’autre, du reste, de ces consonnes n’est muette.
En donnant à la langue une position analogue à la précédente, mais en élevant ses bords latéraux de manière que la partie moyenne forme une espèce de canal que le souffle parcourt, on prononce CH et J. Ici se retrouve la différence qui d’abord distingue l’une de l’autre toutes les lettres que nous avions mises ensemble; dans l’une, le J,on entend le souffle par anticipation, tandis que pour le son CH rien ne rend sa coopération apparente. On donne communément à ces lettres le nom de linguales.
On a qualifié de sons gutturaux K et GUE; mais