‹ Mutisme et surdité ou influence de la surdité native sur les facultés physiques, intellectuelles et moralesChapitre 95 sur 200 · PARTIE II. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — CHAPITRE I

nous ne pouvons admettre cette dénomination, puisque ce n’est pas le gosier qui coopère principalement à leur formation, mais bien la racine de la langue, qui s’appuie fortement contre le palais à son extrémité la plus reculée. Elle produit ces deux sons en s’en séparant avec un certain effort. Pour le GUE, toutefois, la pression saccadée est moins forte, l’effort qui amène la disjonction des deux parties adhérentes moins sensible, et le souffle produit auparavant un bruissement.

Le R est la seule consonne qui ait un caractère tout-à-fait à part, par suite duquel il n’est pas possible de l’assimiler à aucune autre. La langue seule coopère activement à sa formation ; elle est suspendue au milieu du palais, et, agitée parle souffle, elle frappe coup sur coup contre le palais et produit à l’oreille l’effet d’une roue en mouvement. Toute la difficulté consiste donc à placer la langue dans une position telle, que le souffle puisse, sans trop d’efforts, lui imprimer le mouvement de rotation que nous venons d’indiquer.

M, enfin, est une lettre labio-nasale de lamême famille que N et GN. En forçant le souffle à sortir par le nez, où il occasionne , ainsi que dans le larynx, une vibration sensible, et en séparant ensuite les lèvres comme pour le P, on obtient le résultat désiré.

Voilà donc en quoi consistent les difficultés de

l’enseignement de la parole : nous avons dû nous borner à les indiquer. Il existe d’ailleurs sur la manière de les surmonter des traités spéciaux qu’on peut consulter; nous en avons nous-même publié un, et nous ne pensons pas qu’il entre dans le but que nous nous proposons ici d’approfondir davantage ce sujet. Que nous importe, en effet, en ce moment que les grammairiens de Port-Royal et les professeurs de nos jours soient d’accord ou non sur la qualification qu’il convient à donner aux sons dont nous venons de donner en dernier lieu la définition ? Que ces sons soient distincts des précédents et aient une existence individuelle, non entièrement subordonnée à leur association avec les voyelles, en quoi cela peut-il nous préoccuper? Nous avons dû chercher seulement à connaître quelles sont les parties de l’organe vocal qui coopèrent à la formation de chacun d’eux. Enfin, il est essentiel à ceux qui ont encore confiance dans l’emploi exclusif de la parole pour l’éducation des sourds-muets de savoir surtout à l’aide de quels procédés on peut leur enseigner la nature du mouvement qui s’opère, et comment on peut les amener à l’imiter avec perfection ; mais tout cela, nous le répétons, est développé dans un traité spécial (1), et nous n’avons pas à y revenir.

(1) La parole enseignée aux sourds-muets sans le secoars de l’oreille.

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