FORTIFICATIONS DU MONT EUBŒA
péeniies, qui ont eu moyenne 4 pieds 2 pouces d’épaisseur,
et de 3 pieds à 6 pieds | {0™,90 à de hauteur; mais
les masses de pierre qui gisent au pied de ces murs prouvent jusqu’cà l’évidence qu’ils étaient autrefois beaucoup plus élevés.
L’entrée, qui est à l’est, conduit à un passage de peu de longueur. Dans la grosse pierre qui forme le seuil, on voit encore le trou où tournait le pivot inférieur. En contre-bas, à une distance qui varie de 16 à 53 pieds (4'", 80 à 15‘",90), il y a, sur les trois côtés par où l’on peut arriver au sommet, des murs cyelopéens dont la longueur varie de 133 à 266 pieds (40 à 80 mètres) sur 5 pieds (1“,50) d’épaisseur; ils ont encore aujourd’hui une hauteur moyenne de 10 pieds (3 mètres), et il y a apparence qu’ils étaient autrefois beaucoup plus élevés. Entre les pierres memes de ces murs, j’ai pu recueillir en grande quantité des fragments de vases façonnés à la main, d’un vert clair avec des ornements noirs. J’attribue à ces vases la même antiquité qu’aux murs de Tyrinthe et de Mycènes, parce qu’à Tirynthe je les ai trouvés in situ sur le sol vierge ou peu au-dessus, et à Mycènes in situ seulement sur le roc vif, dans les enfoncements du passage de la porte et dans les tombeaux. Je conclus de ces faits que les fortifications du mont Eubœa (Ilagios Elias) doivent être de la meme époque que les murs de* ces deux cités, et remontent peut-être même à une antiquité plus reculée.
Maintenant on se demande à quelle intention ces fortifications furent construites. La montagne est si élevée et si escarpée, le sommet est si étroit et si encombré d’aspérités de rochers, qu’il ne peut, à aucune époque, avoir servi de forteresse. Voici donc la seule explication que je me risque à suggérer sur l’origine de ces murs cyelopéens : il doit avoir existé sur le sommet de la montagne un petit temple, qui aurait été un sanctuaire très-important et l’objet d’une vénération toute particulière; et, par une curieuse coïncidence, nous pouvons trouver, dans la nature même du culte auquel le sommet de la montagne est consacré dans les temps modernes, le nom de la divinité qui y était adorée dans fantiquité. Dans les temps de grande sécheresse, les habitants des villages