GRIFFONS DORÉS
Fig. 261. — Ornement d'or. Griffon.
Troisième tombeau. Grandeur réelle.
sphinx et des lions ailés. Cet animal fantastique est devenu le centre d’un curieux cycle de légendes, car nous le trouvons déjà mentionné dans Hésiode, dans Hérodote et Pausanias, comme gardien de l’or dans les contrées septentrionales de l’Europe h Pline décrit les grijplii comme ferarum volucre gémis ^ qui mira capidUate extrait l’or ex cimiculis et le garde ; il les place aussi dans le nord de l’Europe, c’est-à-dire dans le pays des Scythes Damis Olear^ affirme que les griffons sont originaires de l’Inde, et voici la description qu’il en donne :
« L’or que les griffons tirent de la terre, ce sont des pierres incrustées de paillettes d’or semblables à des étincelles de feu; les griffons dégagent l’or de la pierre, grâce à la puissance de leur bec. On trouve ces animaux dans l’Inde, où ils sont consacrés au Soleil ; voilà pourquoi les peintres indiens représentent Hélios traîné par un attelage de quatre griffons. Le griffon a la taille et la force du lion; mais ses ailes lui donnent sur le lion un grand avantage; il vient à bout même des éléphants et des grands serpents ; mais il ne peut venir à bout du tigre, auquel son agilité donne une grande supériorité. » Bôttiger- explique que ces monstres ont pris naissance tout simplement dans la fabrication des tapis de l’Inde, parce que, depuis la plus haute antiquité, les Indiens se plaisent à leurs animaux sacrés, c’est-à-dire à représenter les types de plusieurs animaux dans un seul animal. Il paraît certain que le griffon passa de l’Inde en Grèce dans le cortège de Dionysos, et qu’il devint pour cette raison, dans ce dernier pays, le symbole de la sagesse et des lumières.
J’ai trouvé encore, avec les trois corps du troisième tombeau.
1. Hérodote, III, 13, 14; Pausanias, I, xxiv, 5. Milton fait allusion à cette légende (Paradis perdu, livre III) ; « Ainsi quand le griffon, à travers le désert, planant dans sa course ailée audessus de la colline et des marécages de la vallée, poursuit l’Arimaspien, qui furtivement avait dérobé l’or confié à sa garde en trompant son inquiète vigilance. »