‹ MycènesChapitre 14 sur 254 · RACONTÉE PAR DIODORE DE SICILE · texte numérisé non relu

RACONTÉE PAR DIODORE DE SICILE

Je donne ici une traduction littérale du récit de Diodore de Sicile (XI, 65) touchant la fin tragique de Mycènes.

(( La soixante-dix-huitième Olympiade (468 avant J.-C.) éclata entre les Argiens et les Mycéniens une guerre dont voici la cause. Les Mycéniens, fiers de l’ancienne gloire de leur patrie, refusaient de se soumettre aux iVrgiens comme les autres cités de l’Argolide ; ils se gouvernaient par leurs propres lois sans dépendre en rien des Argiens. Ils avaient avec eux des disputes sur le service du culte de la déesse Hèra et prétendaient aussi revendiquer pour eux la direction et radministration des jeux Néméens. Déplus, ils étaient en dissentiment avec eux, parce que, quand les Argiens décrétèrent de ne pas envoyer de secours aux Lacédémoniens campés aux Thermopyles, à moins de partager le commandement, les Mycéniens, seuls de tous les habitants de l’Argolide, avaient envoyé des troupes aux Lacédémoniens. En outre, les Argiens craignaient d’une manière générale de voir leurs rivaux devenir un jour trop puissants et leur disputer l’hégémonie, en faisant valoir la grandeur passée de leur cité. Voilà ce qui poussa les Argiens à commencer les hostilités ; aussi depuis longtemps cherchaient-ils une occasion de prendre et de raser Mycènes; ils crurent que le moment était enfin arrivé; en effet les Lacédémoniens, à la suite de leurs malheurs, étaient hors d’état de secourir la ville. Ils rassemblèrent donc une armée considérable, composée d’ Argiens et d’alliés, et la conduisirent contre Mycènes. Les Mycéniens furent battus, contraints de se réfugier derrière leurs remparts, et assiégés.

Pendant quelque temps, les Mycéniens se défendirent avec énergie; mais à la longue, affaiblie par ses défaites précédentes, ne pouvant compter sur les Lacédémoniens, qui avaient à faire la guerre pour leur propre compte, éprouvée par plusieurs tremblements de terre et n’ayant pas d’autres alliés, Mycènes fut prise d’assaut, faute d’avoir été secourue du dehors. Les Mycéniens furent réduits en esclavage par les Argiens ; la dîme du butin fut consacrée au service du culte religieux, et la ville fut rasée. Ainsi périt à jamais une ville qui avait été autrefois riche et puissante, qui avait produit quantité d’hommes illustres et accompli tant de glorieux exploits. Depuis lors elle est demeurée déserte jusqu’à notre époque )) (c’est-à-dire jusqu’à l’époque d’Auguste).

Fig. 1. — Carte de l'Argolidc.

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