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UN MORCEAU D’ARME EN RRONZE

liaohe do combat était usitée en Egypte ; on en voit au Louvre dans la collection égyptienne, salle V. Elle l’était aussi dans rancienne Babylonie, car on en voit plusieurs exemplaires dans la collection babylonienne du Musée Britannique, à Londres.

La différence entre nos haches modernes et les haches d’armes de Mycènes et de Troie, c’est que ces dernières n’ont pas de trou au milieu pour y fixer le manche. B est donc évident qu’on les fixait dans ou sur le manche par un moyen quelconque, au lieu d’y introduire le manche.

On voit sur quelques-unes des épées des traces qui prouvent qu’elles ont été dorées; plusieurs portent des clous d’or à la garde. Les autres armes représentées par les figures 464, 465 et 466 sont de courtes épées. Au bas de la figure 465, on voit des restes de plaqué d’or.

J’ai trouvé aussi avec le corps de l’extrémité sud la grande

poignée et le fragment d épée m. — Garde d’épée, plaquée d’or et richement

de bronze que représente la figure 467. Cette garde est

recouverte d’une épaisse plaque d’or richement décorée d’intailles; ces intailles sont encore assez visibles, quoique la garde ait été très-altérée par la fumée et les cendres dn bûcher funéraire. L’ornementation est exactement la même des deux cotés. Dans le creux de la garde on retrouve encore une partie de la monture en bois qui la remplissait.

J’ai trouvé aussi avec le corps de l’extrémité sud une grande quantité de perles d’ambre et six petits cylindres unis formés de plaques d’or (dans l’un desquels il reste encore un morceau de bois) ; ces cylindres ont évidemment l’econvert un bâton, (umt-ètre

LE CINQUIÈME TOMBEAU

un sceptre; — sept pommeaux d’épées en albâtre et en bois, tous ornés de clous d’or; — un petit objet en or, qui ressemble à la barrette d’une chaîne de montre (fig. 468), et qui ne peut être autre chose qu’une espèce de fermoir pour baudrier (raXap/iv) ; — trente-sept feuilles rondes en or de différentes dimensions ; — vingt et un fragments de feuilles d’or; — deux vases d’argent mis en pièces; - — une paire de pinces ou pincettes en argent (fig. 469); — un grand vase d’albâtre,^ dont l’orifice est en bronze plaqué d’or. Les trous que l’on voit à la partie supérieure de la panse du vase prouvent clairement qu’il avait trois anses; le grand trou rond entouré de trous plus petits, à la partie antérieure du corps, montre bien qu’il avait un tuyau. J’ai trouvé dans ce vase trente-deux petits et trois grands boutons d’or de forme ronde, ornés de beaux dessins en intaille ; — deux autres boutons d’or en forme de croix, chacun avec deux anses très-petites en or-; — enfin un en or. Pinces d’ar-ent. Pre- graiid boutoîi d’or de forme coiiique et un

micr tombeau Grandeur réelle.

tube d’or qui a la forme d’un coin.

Les gravures suivantes représentent encore trois de ces admirables plaques d’or, dont nous avons déjà parlé en décrivant les objets que représente la figure 460. J’en ai trouvé douze en tout, à droite et à gauche du corps qui est à l’extrémité nord du tombeau. La figure 470 représente un lion qui donne la chasse à un cerf ; les quatre pattes du lion sont sur une meme ligne horizontale, pour marquer la rapidité de sa course; il vient d’atteindre le cerf qui s’affaisse devant lui, et il ouvre la gueule toute grande pour le dévorer. La tète du lion et la crinière sont très-bien représentées. Au contraire, le cerf, dont l’artiste, faute d’espace suffisant, a rejeté les cornes en arrière, est d’un dessin grossier et confus. Préoccupé de ne point laisser de vides dans le champ de son dessin, l’artiste a multiplié les ornements. C’est ainsi qu’on voit entre la tête du

Fig. 408 et 409. — Objet curieux

MERVEILLEUSES UI.AQUES D’ÜR.

lion et celle du cerf un objet h trois pointes dont il est difficile de déterminer la nature, et qui est peut-être un ornement de pure fantaisie, dont la forme ourait été déterminée par celle du vide à

Fig. 470. — Plaque d’or où est représenté en intaille un lion chassant un cerf. Premier tombeau. Grandeur réelle.

remplir. Au-dessus du lion on voit deux feuilles de palmier, et au-dessus les couronnes de deux palmiers et une autre feuille de palmier.

La figure 471 représente h peu près le même sujet; on y voit

Fig. 471. — Plaque d’or où est représenté en iulaille un lion qui saisit un cerf. Premier tombeau. Grandeur réelle.

encore un lion qui s’élance de toute la vitesse de ses pattes et qui saisit un cerf. Le cerf est tourné vers son ennemi et détourne la tête; il est debout sur ses pattes de derrière, (|ue le lion saisit dans sa gueule ouverte; le cerf lève ses deux pattes de devant, dont le bas se replie en formant un angle droil à partir du genou. Juste

LE CINQUIÈME TOMBEAU

en face du poitrail de ce cerf, nous voyons la bouche toute grande ouverte d’une grosse tête de' vache qui a deux cornes en croissant et deux yeux énormes , sur lesquels j’appelle particulièrement l’attention. Entre les deux grandes cornes il yen a deux plus petites, et l’espace intermédiaire entre les quatre cornes est rempli de petits objets qui ressemblent à des figues. Quoique l’artiste ait représenté de face la tête de vache, la bouché est cependant vue de profil. A la droite de la tête de vache, il y a cinq feuilles de palmier de forme allongée; au-dessous des feuilles de palmier, dans l’angle qui est à la droite du spectateur, se trouve un objet dont je ne devine pas la nature ; il ressemble à une patte d’oiseau.

L’ensemble de la scène me paraît évidemment symbolique.

Je crois qu’on ne peut raisonnablement douter que la tête de vache ne représente Itéra Boôpis‘, la divinité protectrice de Mycènes; il est certain aussi que, quand plus tard on donna à la déesse la figure d’une femme, les grands yeux lui ont été conservés comme le seul souvenir de sa forme primitive, parce que l’épithète la seule qui la caractérise, consacrée parmi long

usage à travers les siècles, fut désormais employée indistinctement pour désigner soit les déesses, soit les simples mortelles qui avaient de grands yeux. Ainsi, par exemple, Glymène, une des suivantes d’Hélène, est appelée par Homère- Glymène aux yeux de vache ((BowTug). En représentant ici Hèra, avec une double paire de cornes accompagnées de fruits, on ne peut, je pense, avoir eu d’autre intention que de lui rendre hommage. Je suppose encore que le lion représente la maison des Pélopides, peut-être Agamemnon luimême, que le cerf est l’image d’un sacrifice offert par le lion (soit la maison des Pélopides, soit Agamemnon en personne) à la divinité protectrice de la ville. En représentant cette tête de vache la bouche ouverte, on a peut-être voulu montrer que la divinité accepte le sacrifice avec bienveillance.

1. C’est la powTct; uotvca "Hpr] d’Homère, « la vénérable Junon à la tête de vache «, puis « à figure de vache », puis « qui a de grands yeux comme la vache », ou « aux yeux de vache ». Voyez la note qui est à la fin du chapitre I".

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