Iliade, III
MASQUE IVOU MASSIU.
La dernière plaque (fig. 472) porte la même ornementation de spirales que nous avons déjà si souvent rencontrée.
A propos de ces plaques d’or, M. B. -A. Irving, professeur au collège de Windermere en Angleterre, me suggère l’idée qu’elles étaient peut-être des décorations militaires, des insignia, analogues, dans une certaine mesure, aux insignes, qui, de nos jours, distinguent les dignitaires dans les ordres de chevalerie. Dion Cassius (LYI, 42) dit, en décrivant les obsèques d’Auguste, que, « quand le corps eut été placé sur le bûcher funéraire, tous les prêtres, magistrats, chevaliers et légionnaires, défdèrent devant
Fig. 472, — Plaque d’or, avec décoration de spirales, en intaille. Premier tombeau. Grandeur réelle .
le bûcher; alors toutes les décorations triomphales qu’ils avaient reçues de lui pendant ses glorieuses expéditions furent jetées sur son corps; puis le bûcher fut allumé. )) M. Irving ajoute : cc Les coutumes ou cérémonies funéraires se conservent pendant de longs siècles, et quelques nations européennes observent encore des rites funéraires que leurs ancêtres pratiquaient probablement avant la guerre de Troie. Par analogie, on peut croire que les rites, observés aux funérailles d’Auguste, avaient pu l’être à celles d’Agamemnon, à un intervalle de douze ou treize cents ans.
Au revers de ces admirables plaques d’or adhère, en assez grande quantité, une substance noirâtre, qui était peut-être une espèce de mastic, destiné à coller les plaques d’or sur les deux faces des plaques de bois.
Cette opinion semble confirmée par les marques de clous que
LE CINQUIÈME TOMBEAU
l’on voit sur les bords des plaques ; en effet, on n’a dû se servir de clous que pour fixer les plaques de métal sur une matière moins dure que le métal.
La figure 473 représente le masque d’or massif du corps qui est h l’extrémité nord du premier tombeau*. Malbeureusernent la partie inférieure du front a été si fortement pressée contre les yeux et le nez, que la face est défigurée et qu’on n’en peut pas bien distinguer les traits. Cependant il y a beaucoup de caractère dans cette tête ronde très-dé veloppée, dans cet énorme front et dans cette petite bouche à lèvres minces.
Au contraire, le masque d’or massif du mort qui est à l’extrémité sud est dans un état de parfaite conservation (fig. 474)^. Les traits sont absolument helléniques, et j’appelle surtout l’attention sur le nez long et mince qui continue directement la ligne du front; le front est assez petit. Les yeux, qui sont représentés fermés, sont grands, et les paupières en indiquent bien la forme ; la bouche, qui est grande, avec des lèvres bien proportionnées, est très-caractéristique. La barbe aussi est bien représentée, et particulièrement les moustaches, dont les pointes sont relevées en croissant^ Cette circonstance semble prouver clairement que les Mycéniens employaient l’huile ou une sorte de pommade pour les cheveux et la barbe. Les deux masques sont travaillés au repoussé, et il ne viendra à l’idée de personne qu’ils ne fussent pas destinés à représenter le portrait des morts dont ils ont recouvert la figure pendant des siècles.
Ici se présente tout naturellement la question de savoir s’ils ont été faits du vivant des personnages ou seulement après leur mort. Ils ont été faits probablement après leur mort; mais alors on se demande avec étonnement comment ils ont pu être faits si vite, parce qu’ici, comme dans tous les climats chauds, on enterre les morts dans les vingt-quatre heures qui suivent le décès, et cette coutume doit avoir existé de tout temps àMycènes. Si Homère laisse