Il n’y a rien de nouveau sous le soleil
(UJUIEÜSES COUINES D’OU.
les corps de Patrocle et d’Hector pendant dix ou douze jours sans sépulture, cette dérogation à l’usage tient à des circonstances particulières; si ces deux corps ont pu se conserver si longtemps, c’est que Tliétis avait versé de l’ambroisie dans les veines du premier, et Apollon dans celles du second. Sans préjuger ce qui a pu se passer à propos des corps que nous avons sous les yeux, nous sommes émerveillés de l’habileté des anciens orfèvres mycéniens, qui pouvaient modeler des portraits dans des plaques d’or massif et,
Fig. 475. — Grande coupe d’or. Premier tombeau. Au trois-septième environ de la grandeur réelle.
par conséquent, pouvaient faire tout ce que nos orfèvres modernes seraient capables de faire eux-mêmes.
Mais cette habileté des orfèvres mycéniens dénote une grande pratique de ce genre de travail ; on peut être sûr, par conséquent, qu’ils avaient été précédés d’nnc école d’artistes qui avait été florissante pendant des siècles avant d’avoir pu pousser l’art jusqu’à cette perfection.
A la droite du mort qui reposait à l’extrémité nord a été trouvée la grande coupe d’or à une anse qui est représentée par la figure 475. Elle a 6 pouces (0"Vf5) de diamètre et G pouces (0'“,15) de hauteur; elle est décorée d’une belle ornementalion au repoussé divisée en deux compartiments [lar une bande horizontale ({ni
lÆ (:ii\QCIÈME T0MI5EAIÎ.
représente une corde. Dans le compartiment supérieur, il y aune rangée d’arcatures qui reposent sur ce qu’on pourrait appeler de grands pilastres de pierres taillées en cubes; l’ensemble du dessin donne l’idée d’un aqueduc romain. Le compartiment inférieur est décoré de lignes brisées qui composent une ornementation en forme d’angles ou de coins.
Dans le même tombeau j’ai trouvé une autre coupe d’or, de
Fig. 470. — Grande coupe d’or. Premier tombeau. A la moitié environ de la grandeur réelle.
dimensions considérables, qui n’a aussi qu’une anse très-grande et très-large (fig. 476). Elle a 5 pouces | (0"Vl4) de diamètre; elle est divisée, comme la précédente, en deux compartiments par une bande horizontale ; ces deux compartiments sont ornés, dans le sens horizontal, de deux rangées parallèles de belles spirales, travaillées au repoussé. On y voit un nombre considérable de ces curieuses croix que l’on rencontre si souvent dans les ruines de Troie, et que l’on regarde comme le symbole du feu sacré, Varani des brahmanes L
La figure 477 représente une magnifique coupe d’or massif.
1. Voyez V Atlas des Antiquités troijennes, pl. 121, fig. 2377 et 2385.
GOBELETS D’Oll ET D’ABGENT.
trouvée dans le même tombeau. Elle est décorée au repoussé de trois lions qui sont représentés courant avec une grande rapidité. Cette coupe reproduit encore le type de toutes les coupes en terre cuite de Mycènes, avec une seule exception (fig. 83, 84, 88). Les anses de toutes ces coupes d’or sont fixées au bord et au corps à l’aide de clous d’or dont les têtes sont larges et plates.
Fig. 477. — Coupe d’or. Premier tombeau. Au sept-dixièmo environ de la grandeur réelle.
J’ai à signaler encore deux autres coupes d’or; rune d’entre elles est massive comme les précédentes, ce qui ne l’empêche pas d’être toute bosselée; elle a une belle anse massive, d’une forme que nous avons souvent décrite à propos des vases du quatrième tombeau. L’autre coupe d’or a une ornementation, au repoussé, de deux doubles bandes parallèles en forme de cordes. Le compartiment supérieur présente une ligue horizontale en zigzag, unie par des bandes verticales de traits horizontaux à la double bande supérieure qui est en forme de corde. Celle ornemenlation a une
LE CiiXQüiÈME TOMBEAU.
remarquable ressemblance de forme avec les passages en ogives de Mycènes et de Tiryntbe. A Fintérieur de cette coupe adhère
Fig. 478. — Partie supérieure et partie inférieure d’un grand vase d’argent. Premier tombeau.
Au quatre-dixième environ de la grandeur réelle.
une autre coupe d’or très-mince, beaucoup plus petite et toute bosselée.
Sur quatre coupes d’argent trouvées dans le premier tombeau, la première a une anse, mais pas d’ornementation; la seconde a une ornementation au repoussé ; ce sont des bandes composées de
SPLENDIDE VASE D’AUGENT.
doubles lignes et qui forment des arcs à la partie supérieure. Les deux autres sont très-grandes, mais elles sont brisées et le dessin en est effacé; l’ime d’entre elles, qui a pour toute ornementation une bande horizontale en relief, est encore pleine des cendres du bûcher funéraire. La seconde est décorée d’une quantité de bandes horizontales en forme de sillons; une coupe plus petite en argent y adhère à l’intérieur. Sous le fond de cette coupe est encore attaché un des cailloux qui jonchaient le fond du tombeau.
Près du corps en question, il a été trouvé aussi un vase d’argent jdusgrand que ceux qui précèdent; il a 2 pieds 6 pouces ((>‘,75) de hauteur et 1 pied 8 pouces (0"‘,50) de diamètre à la partie la plus large de la panse; malheureusement, il s’est trouvé en contact avec quelque substance saline, qui a converti l’argent en chlorure d’argent; aussi le vase s’est-il brisé en morceaux. La figure 478 représente la partie supérieure et la partie inférieure de ce vase rapprochées fune de l’autre. Le corps
tout entier était décoré d’une ornementation au repoussé représentant des spirales entrelacées; la partie inférieure élail ornée de cannelures horizontales, mais je ferai observer au lecteur que le dessin représente seulement la paroi intérieure de cette partie. L’orifice ainsi que la bande ornée de trous qui est à la partie supérieure du corps sont plaqués de cuivre, et ce cuivre avait été plaqué d’or. Le fond est tout entier en cuivre, sans doute ])our que le vase soit plus solide. Il est probable que le bord de ce fond de cuivre avait été également plaqué d’or. Ou peut donc dire
Fig. 479. — Grande coupe en albâtre. Proiiiier tombeau. Au trois-huitième environ de la grandeur réelle.
LE CINQUIÈME TOMBEAU
à propos de ce vase que l’artiste avait fait tous ses efforts pour y réunir l’élégance à la solidité.
La figure 479 représente une grande coupe d’albâtre; elle a 10 pouces eil de hauteur, et sa forme rappelle celle de
nos verres â pied.
Aux découvertes précédentes j’ajouterai cinq plaques d’or en
Fiu. 480. — Doubles aigles d’or. Premier tombeau. Grandeur réelle.
forme de doubles aigles. La figure 480 représente deux de ces plaques; elles sont toutes au repoussé, et ont exactement la même forme et la même dimension.
L’image des aigles reproduit fidèlement la nature, sauf une spirale en relief qu’ds portent sur le cou ; immédiatement au-dessous de la spirale on voit un long serpent en travers du corps des deux aigles; il est possible que le serpent et la spirale aient eu un sens symbolique. Les aigles sont appuyés l’im contre l’autre, dans toute
disques D’OU EN FODME DE DOUUMEll.
la longueur du corps, y compris les griffes, mais leurs tetes sont tournées eu sens inverse. Au-dessus de leurs têtes ou voit un long tube, qui a dû servir à passer un fd, pour faire coucouiâr ces ornements à la décoration d’un collier.
J’ai recueilli encore cinq grands disques, en forme de boucliers, et un sixième qui est plus petit; ces disques sont des plaques d’or
Fig. 481. — Plaque d’or avec dessin au répoussé. Premier tombeau. Grandeur réelle.
décorées d’une ornementation au repoussé ; au centre il y a une étoile; autour de l’étoile, dans une bordure formée de deux doubles cercles de points, se déroule une ornementation de spirales (fig. 481).
J’ignore l’usage de deux objets creux en oi' qui ressemblent à des fusaïoles et qui s’adaptent l’un à l’autre. Des objets exactement semblables ont été représentés par les tigures et 4^26. Les figures 482 et 483 représentent l’élégant orifice en or et l’anse en or d’un vase d’argent, brisé en morceaux; ces deux fragments portent une décoration travaillée au repoussé. Le long du cercle
MYCÈNES. 'JG
LE CINQUIÈME TOMBEAU
de rorifice, on voit les six trous des clous qui le fixaient sur le col du vase d’argent, dont un fragment adhère encore à l’anse. Ajou-
*Fig. 482. — Orifice d’or d’un vase. Premier tombeau. Au cinq-septième environ de la grandeur réelle.
tons à la liste : deux vases en argent uni, réduits en pièces ; — la moitié inférieure d’un de ces vases est bien conservée; — un vase
d’argent en morceaux, avec un fond et un orifice en cuivre, qui doit avoir été plaqué d’or ; — un grand vase d’argent en morceaux, orné de spirales au repoussé; — deux grands disques de cuivre, plaqués d’argent, qui doivent provenir de deux vases d’argent; — le petit cylindre formé d’une plaque d’or (fig. 484), qui est orné ü'intailles à profusion, et contient encore un morceau de bois carbonisé; la plaque d’or était fixée sur le morceau de bois par trois clous d’or; la tête d’un de ces clous est encore visible, à la droite du spectateur. Si nous examinons le cylindre en commençant par le haut, nous voyons que la partie supérieure est divisée en quatre compartiments par des bandes horizontales formées de