‹ MycènesChapitre 212 sur 254 · Soph., Ajax · texte numérisé non relu

Soph., Ajax

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« On enterrera mes autres armes avec moi. »

SÉPULTURE IGNOMINIEUSE IVAGAMEMNON. i27

relit le pasStTge d’Homère [Od., III, 306-310) où Oreste, après avoir tué les assassins de son père Agamemnon, Clytemnestre et Égisthe, leur fait des obsèques solennelles et offre au peuple un banquet funéraire.

D’un autre côté, la coutume de l’époque semble avoir laissé pleine et entière liberté aux meurtriers de donner au tombeau la forme qu’il leur plairait, et à la cérémonie le caractère qu’ils voudraient; voilà pourquoi ils rendirent l’un et l’autre aussi ignominieux que possible. Aussi les tombeaux ne sont-ils que des trous profonds dont la forme quadrangulaire est irrégulière et mal dessinée; et les victimes royales y furent jetées pele-mêle trois et même cinq ensemble, elles furent brûlées au fond même des tombeaux, mais à distance les unes des autres pour empêcher les ossements de se mêler.

Je partage complètement l’opinion de M. Newton, et je pense avec lui que les cinq immenses et magnifiques trésors de la basse ville et du faubourg sont nécessairement beaucoup plus anciens que les cinq tombes royales de l’acropole. Si donc nous songeons que ces princes, qui se servaient de ces magnifiques palais souterrains pour y conserver leurs richesses ont été jetés , comme des animaux immondes, dans de misérables trous, nous trouverons dans cette forme ignominieuse d’ensevelissement un puissant argument en faveur de la tradition; nous penserons qu’elle est vraie quand elle désigne ces tombeaux comme ceux d’Agamemnon, roi des hommes, et de ses compagnons traîtreusement mis à mort par Égisthe et par Clytemnestre, à leur retour d’Ilion. . •

Le professeur Paley me rappelle une remarque d’une excellente helléniste, A. Swanwick, qui a donné, entre autres traductions, celle de l’Or^^/^c d’Eschyle. Swanwick a déjà fait observer que, selon la tradition antique, Agamemnon fut enseveli en silence, et avec ignominie. Le même ami appelle aussi mon attention sur les passages suivants des poètes tragiques pour montrer qu’ils sont tous d’accord sur ce point. Ainsi nous lisons dans Eschyle : ce C’est par nos mains qu’il est tombé et qu’il est mort, et c’est nous qui l’enterrerons sans qu’il soit honoré des lamentations de ceux de sa

LES TOMBES ROYALES ET L’AGORA

maison ^ » Nous voyons continuellement dans Homère que les lamentations des jjarents et de ceux qui appartiennent h la maison sont considérées comme un honneur absolument dû au mort et une cérémonie nécessaire h son repos. Par exemple, nous lisons dans Ylliade^ : (( A ces mots, elle (Briséis) sanglote, et les autres captives gémissent, en apparence sur Patrocle, mais réellement sur leurs propres malheurs. » (Trad. Giguet.)

Nous lisons encore dans Eschyle : ce O mère insolente, ce sont les funérailles d’un ennemi que tu as osé faire à ton seigneur; roi, il a été privé des larmes des citoyens; époux, de celles de son épouse ^ » Et plus loin : ce O mon père, toi qui n’es pas mort en roi h )) Sophocle dit : ce Après l’avoir assassiné ignominieusement comme un ennemi, elle a mutilé son corps )) Et Euripide : ce Oui, comme un criminel, tu seras enterré ignominieusement de nuit, et non à la lumière du jour 'h »

Je ferai observer ici que Eschyle n’a probablement janiais visité Mycènes, car il s’imaginait que le tombeau d’Agamemnon avait la forme d’un tertre”^ : (( Sur le tertre de son tombeau, je crie à mon père de m’entendre. »

Le témoignage de différents auteurs classiques prouve que c’était

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