‹ MycènesChapitre 225 sur 254 · DATE DE LA PRISE DE MVCÈNES · texte numérisé non relu

DATE DE LA PRISE DE MVCÈNES

erreur par les monuments de la guerre Médique, l’a placé h une époque où cet événement n’aurait pu se produire.

Si nous remontons dans l’histoire primitive, et si nous recherchons à quelle époque Argos attendait journellement une attaque de Sparte et se trouvait par conséquent dans la nécessité de fortifier son pouvoir, nous serons naturellement conduits à placer cette époque non pas immédiatement après les guerres Médiques, mais immédiatement après lesciuerres deMessénie, e'est-à-dire après la seconde des guerres de Messénie qui se termina dans la XXIX^ olympiade. D’après notre chronologie revisée, le développement du pouvoir^de Pheidon à Argos se place à peu près dans ce temps-là, c’est-à-dire prohahlement dans laXXYIIP olympiade, que Pheidon célébra à Olympie avec les Pisatains, à l’exclusion des Éléens. Naturellement les Spartiates furent obligés d’intervenir; mais la guerre de Messénie dut paralyser leur action, du moins en partie. Lorsque, après la guerre, Sparte eut accru son territoire et augmenté son prestige, les Argiens durent s’attendre à être attaqués les premiers. C’est donc à Pheidon et à sa politique que j’attribue l’absorption de toutes les ])etites villes par Argos, et peut-être l’exécution de ce dessein a-t-elle été le secret de sa grandeur.

» Mais comment alors pourrions-nous expliquer l’existence de Tirynthe et deMycènes pendant les guerres Médiques? Voici ce que je suppose : ces villes, quoiqu’elles eussent été conquises et que leurs dieux pénates eussent été transférés à Argos, continuaient néanmoins d’exister comme ou villages : seulement elles

étaient habitées par des citoyens argiens. En conséquence, ces descendants des anciens habitants qui embrassèrent la cause patriotique, parce qu’ils n’avaient pas oublié leur histoire, se joignirent à l’armée hellénique sous ces dénominations surannées, que la nation sanctionnait avec joie afin de montrer son dédain pour les Argiens neutres h

» Ce qui confirme cette opinion, c’est le très-petit nombre

1. Il n’est pas le moins du monde nécessaire que les troupes auxiliaires soient venues directement de Mycènes et de Tirynthe; elles peuvent très-bien avoir été composées d’exilés qui se seraient réunis sous les noms de leurs anciennes villes.

DATE DE EA DDISE DE MYCÈAES.

d’hommes qu’ils étaient à môme d'éq U iper(qiialre-viii gts dcMycènes, aux Tliermopyles; quatre eents de Mycèiies et de Tirynthe réunies, à Platées); car, à cette époque, les plus petites villes grecques elles-mêmes avaient nue population armée considérable. — Platées, par exemple, pouvait mettre sur pied six cents hommes. Il est fort probable que les Argiens furent piqués de cette bravade et se décidèrent à détruire complètement ces cités. Ce changement était très-insignifiant J puisque le avvoivdaiLÔç, réel était depuis longtemps un fait accompli; aussi, à l’époque meme, attira-t-il à peine l’attention ; mais, dans la suite des temps, il prêta à de fausses interprétations et induisit les historiens en erreur.

)) Voici, pour conclure, un fait analogue : Pausanias(IV,xxvii, 10) dit que les Minyens d’Orchomène furent chassés par les Thébains après la bataille de Leiictres. Or nous savons très-bien que la puissance d’Orchomène s’était depuis longtemps évanouie ; Tiièbes, dont la puissance s’était fort accrue, eut à se plaindre de la conduite qu’avait tenue sa vassale pendant que les armées thébaines luttaient contre Sparte; elle forma donc le dessein de raser Orchomène. Il ne s’agissait pas de faire un siège en règle et de triompher d’iine ville libre , puisque Orchomène était depuis longtemps abattue et soumise. Par analogie, je crois que la prise de la grande citadelle de Mycènes avait probablement en lieu longtemps avant les guerres Médiques.

)) Le passage explicite deDiodorc (XI, lxv), qui, à première vue, semble confirmer absolument l’opinion généralement adoptée, n'est pour moi qu’une raison de plus de croire qu’elle est fausse. Diodore indique la date avec précision. Il dit que, dans la LXXYITP olympiade (468-464 av. J. -G.), pendant que les Spartiates luttaient contre de grandes difficultés, à cause d’un tremblement de terre qui les avait éprouvés et d’une insurrection des Ilélotes et des Messéniens, les Argiens profitèrent de roccasion pour assaillir Mycènes. Mais s’ils agissaient ainsi, c’est parce que Mycènes, seule parmi les villes de leur territoire^ ne voulait pas se soumellre à eux. Ce fait prouve clairement ([iie toutes les autres villes, telles que Tirynthe, Midéa, etc., avaient été depuis longtemps snhjii-

guées, et par conséquent il dément les assertions de Pausanias. Diodore énumère ensuite les divers titres de Mycènes aux anciens privilèges sur rUèræon et les jeux néméens, et il ajoute, en conformité avec Pausanias, que seuls, parmi les villes argiennes, ils ont fait cause commune avec les Grecs aux Thermopyles. Les deux auteurs semblent ignorer que Tyrinthe a pris part, avec Mycènes, à la bataille de Platées. C’est après avoir attendu lontemps l’occasion que les Argiens réunirent alors une grande force tirée d’Argos et des cités alliées, et firent la guerre à Mycènes. Or Mycènes et Tirynthe, en réunissant leurs contingents, avaient envoyé en tout quatre cents hommes à Platées, et Mycènes, réduite à ses propres forces, n’avait pu envoyer que quatre-vingts combattants aux Thermopyles! Les Argiens les défirent d’abord dans une bataille, et ils assiégèrent ensuite la citadelle ; au bout de quelque temps, la citadelle n’ayant plus assez de défenseurs (ce qui se comprend facilement), fut prise d’assaut. Ce fait encore contredit les assertions de Pausanias. Diodore conclut en disant que les Argiens asservirent les Mycéniens, consacrèrent la dîme du butin et rasèrent la ville.

)) Je pense que mon hypothèse est parfaitement compatible avec les conclusions que la critique pourrait tirer de ce passage. Il est probablement vrai, je pourrais dire certainement vrai, que les Argiens rasèrent Mycènes dans la LXXVIIP olympiade ; mais ce qui n’est pas moins vrai, c’est qu’ils rasèrent alors une ville déjà soumise. S’ils en asservirent les habitants, cette mesure fut probablement prise pour punir une ville assujettie d’avoir osé envoyer un contingent indépendant à une guerre dans laquelle la ville souveraine avait décidé d’observer une stricte neutralité. Il me semble presque incroyable que les faits racontés par Diodore n’aient pas provoqué de tous côtés des observations critiques, ou bien qu’aucun écho de ces observations ne nous soit parvenu. Il est possible de trouver une confirmation du récit de Diodore, quand il affirme que Mycènes fut la dernière conquise des villes assujetties, en parcourant le catalogue homérique dans lequel Tirynthe est déjà mentionnée comme soumise à Argos, tandis que Mycènes est encore la capitale d’Agamemnon. Mais, même au

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