Troie et ses Ruines, p
2. Voyez, à la fin du volume, les n°® IV et V des Analyses du D" Percy.
PRÉFACE
cuivre était alors un métal abondant, l’étain était rare : il en résulte que les armes de bronze devaientcoûter très-cher. Par conséquent, les épées de bronze trouvées dans les tombeaux, avec tant d’autres objets précieux, sont juste à l’endroit où nous devions nous attendre à les trouver. Il en est de même de deux haches d’armes trouvées à Hissarlik dans le Trésor; elles devaient probablement avoir appartenu à des personnages d’un rang élevé, et elles étaient en bronze b Mais on peut voir au musée de l’Académie irlandaise des haches en cuivre pur, et la couche épaisse de scories de cuivre sans aucun mélange d’étain qui a été découverte à Hissarlik est, ce semble, une preuve matérielle que le cuivre était le métal ordinaire de la période héroïque. Peut-être un jour nos archéologues aurontils à intercaler dans leur liste un âge de cuivre entre leur âge de pierre et leur âge de bronze. Si l’on venait à constater la présence d’armes de cuivre dans les tombeaux de Mycènes, rien ne pourrait donner plus d’autorité aux passages des Poèmes où l’on voit que l’usage du cuivre était général ; car les armes trouvées dans les tombeaux ont appartenu aux personnages vraisemblablement les mieux en état de se permettre l’usage du bronze. J’espère que l’analyse déjà commencée portera sur un nombre d’objets beaucoup plus grand. En attendant, je trouve déjà un lien étroit entre les découvertes et les Poèmes, pour tout ce qui concerne les ustensiles de grande dimension.
2. Parmi les objets trouvés à Hissarlik, les plus remarquables par eux-mêmes sont peut-être les deux coifïures en or, d’un travail très-soigné, qui nous ont permis d’expliquer pour la première fois dans son entier avec quelque confiance le passage de V Iliade (XXH, 468-72) où Homère décrit la coiffure que rejette Andromakliè dans l’excès de sa douleur. On n’a pas oublié la gravure qui reproduit la plektè anadesmè^\ C’était une série de tresses d’or qui pendaient sur le front et sur les oreilles, attachées à une large bande (âpriv^) qui faisait le tour de la tête et qui formait comme la base de l’orne-
1. Troie et ses Ruines, p. 361. Une de ces haches ne contenait que quatre pour cent environ^ d’étain. Ne se pourrait-il pas que le métal fût tout simplement un mélange naturel?