CHAPITRE II
TOPOGRAPHIE DE MYCÉNES.
PORTE DES LIONS ET TRÉSOR d’aTRÉE,
La route d’Argos à Mycènes. — La plaine d’Argos ; rivières et collines, chevaux et végétation.
— Mythe relatif à l’aridité de son sol. — Marais dons le sud et fable de l’hydre de Lcrne. — Le développement social y commence de bonne heure. — Légende de Phoroneus. — L’Argos pélasgique. — Les États achéens d’Argos et de Mycènes. — Situation de Mycènes. — La citadelle et ses murs cyclopéens. — Définition de ce terme. — « Porte des Lions ». - La poterne. — Citernes. — Confusion poétique entre Argos et Mycènes.
La hanse ville: murs de maisons, pont, trésors et poterie. — Mur qui ne l’entoure qu’en partie.
— Le faubourg non fortifié et ses grands édifices. — Son étendue. — Les deux seuls puits de
1. A l’arrière-plan se trouve le second pic du mont Eubœa, 2000 pieds (000 mètres de haut), qui s’élève immédiatement au sud de l’acropole de Mycènes.
Mycènes. — Trois trésors dans le faubourg. — Trésors dans la basse ville. — Description du « trésor d’Atrée ». — Argumentation de Dodwell pour prouver que cet édifice doit être regardé comme un trésor. — Ces édifices sont d’une construction dont on ne retrouve pas d’exemple. — Fouilles exécutées dans le trésor par Véli-Pacha.
Mycènes, 19 août 1876.
Je suis arrivé ici le 7 courant par la même route que décrit Pausauias‘. La ville est seulement à 50 stades d’Argos, ou 5 milles mesure anglaise. Pausanias vit, du côté d’Argos qui regardait vers Mycènes, le temple de Lucine {^lldOviv) et, tout près, un autel du Soleil, qui semble avoir été sur la rive de l’Inakhos. Après avoir passé cette rivière, il vit, à sa droite, le temple de la Dèmèter Mysienne, et plus loin, à sa gauche, le mausolée de Thyeste, frère d’Atrée et oncle d’Agamemnon. Ce monument était surmonté d’un bélier de pierre, en commémoration de l’adultère de Thyeste avec la femme de son frère. Plus loin encore, il vit, à sa droite, le temple de Persée, fondateur de Mycènes. Mais de tous ces monuments, il ne reste pas un vestige.
La première rivière que je traversai, en venant d’Argos, fut l’ancienXo'pd^pog, aujourd’hui Rema^ un des affluents de l’Inakhos, sur les bords duquel, comme nous l’apprend Thucydide ", les Argiens avaient l’habitude de tenir une cour martiale, quand leurs troupes revenaient du dehors, avant de leur permettre d’entrer dans la cité. Bientôt après, je passai le fameux Inakhos (aujourd’hui dont le lit est très-large et qui traverse la plaine d’Argos dans toute sa longueur. Les lits de ces deux rivières sont à sec, excepté quand il tombe de grosses pluies dans les montagnes ; il en était probablement de même du temps de Pausianas qui dit avoir trouvé les sources de rinaklios sur le mont Artémision, en ajoutant que l’eau était en quantité insignifiante et que le cours en était tari à peu de distance de la source. Ce fait prouve clairement que déjà, à cette époque, les montagnes de l’Arcadie étaient aussi complètement dépouillées d’arbres qu’elles le sont aujourd’hui.
1 II, xviii. Voyez la carte-croquis, p. 4-9.