‹ MycènesChapitre 32 sur 254 · II, XXV · texte numérisé non relu

II, XXV

ROUTE Ü’AUGOS A MYUENES.

11 est hors de doute que, dans les temps préhistoriques, Tliiakhos a été une rivière de quelque iuiportauee, si l’on considère le rôle qu’il joue dans les légendes mythiques de l’Argolidc ; caries légendes fout de lui l’époux de Mélia, le père de Phorôneus, premier roi d’Argos, et delà déesse-lune lo (plus tard Hèra). Mais, pour admettre cette importance, il faut supposer que les moiitaa'ues de l’Arcadie étaient alors couvertes de forets. Que riiiakhos ait été autrefois et pendant des siècles une rivière considérable, c’est ce qui est encore prouvé par ce fait que toute la plaine d’Argos a été formée par les alluvions de ses rivières, et principalemeut par celles de l’Inakhos.

Plus loin, sur la route d’Argos à Mycèues, je traversai le lit d’une autre rivière plus petite, qui semble être le Géplnse, men tionné par Pausanias h Puisque je parle des rivières de la plaine d’Argos, je dois mentionner encore deux cours d’eau, l’Eleuthérion et l’Astérion, entre lesquels était situé le célèbre IIèræon,sur les dernières pentes du mont Eubœa. Tous les deux sont maintenant à sec et n’ont d’eau que quand les pluies sont abondantes et prolongées ; mais il semblerait que tous les deux, dans l’antiquité classique, avaient encore de l’eau en abondance tout le long de l’année, car c’est dans rÉleutbérion que l’on puisait l’eau sacrée, employée dans le temple, pour les cérémonies religieuses; quant à l’eau de l’Astérion, elle nourrissait Vastérion (espèce (ï aster) ^ plante consacrée a Hèra. iVvec les feuilles de cette plante, on tressait des couronnes et des festons pour la déesse. Le nom meme du mont Eubœa semble indiquer qu’il abondait autrefois en pâturages, tandis que de nos jours il est absolument dépouillé de toute végétation, comme les lits et les bords des deux rivières.

La plaine d’Argos est fermée à l’ouest et au nord par les hauteurs de l’Artémision ; à l’est, par celles de rAraclmæon. Partant de l’Artémision, plusieurs chaînes de collines parallèles s’avancent à une certaine distance dans la plaine ; la plus septentrionale est le mont Lycônè, qui se termine par le mont Larissa (900 pieds,

1. Ko^ktoç, II, XV, 5 ; la carte-croquis de la page 19 ne reproduit pas les petits cours d’eau.

78 TOPOGRAPHIE HE AlYGÈNES.

270 mètres d’élévation), surmonté de l’acropole d’Argos; la ville elle-même est située au pied de la montagne', en plaine. La seconde chaîne est le Khaon, du pied de laquelle sort FErasinos, cours d’eau abondant qui se jette dans le golfe Argolique, après avoir mis en mouvement un grand nombre de moulins. Dans toute l’antiquité, on a fait une seule et même rivière de FErasinos et du Stymphale, qui disparaît par deux canaux souterrains sous le mont Apélaiiros, en Arcadie. La troisième chaîne parallèle est le Pontinos. A l’est, des collines beaucoup moins importantes et plus détachées viennent, par des pentes douces, se confondre avec la plaine. Au nord, les montagnes sont très-rudes et très-abruptes. Au nord et au siid~est de Facropole de Mycènes sont les deux pics les plus élevés du mont Eubœa ‘ : celui du nord, couronné par une chapelle ouverte du prophète Élie, a 2500 pieds de haut (750 mètres).

Dans toute l’antiquité, la plaine d’Argos fut renommée pour les chevaux qu’on y élevait, et Homère sept fois dans V Iliade, fait Féloge de ses magnifiques pâturages en lui appliquant l’épithète innô^GTOç.

La terre y est aujourd’hui si sèche, qu’on ne récolte du vin etdu coton que dans les parties basses et fertiles de la plaine ; les terrains plus élevés ne produisent qu’un peu de blé et de tabac. Sans remonter plus haut que la guerre de Fliidépeiidaiice de la Grèce (1821), le pays devait être plus humide. En effet, à cette époque, la plaine tout entière et même une grande partie des hauteurs étaient couvertes d’abondantes plantations de mûriers, d’orangers et d’oliviers, qui ont aujourd’hui complètement disparu.

L’épithète « très-altérée », qu’Homère applique à la

plaine d’Argos, concorde parfaitement avec son état présent et aussi avec le mythe raconté par Pausanias^ : « Poséidon et Hèrase disputaient la possession de cette terre (la plaine d’Argos) ; Phorô-

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