LE TRÉSOR A ORCHOMÈNE
Le seul autre exemple qui subsiste de murs qui aient reçu autrefois ce genre de décoration, c’est le trésor de Miiiyas à Orchomèrie. Il est bâti d’uii beau marbre blanc; mais, sous d’autres rapports, il a une très-grande ressemblance avec le trésor d’Atrée. Il est construit d’après le même principe; il semble être de la même époque et avoir été bâti pour le même usage. Chaque pierre de ce trésor montre également deux ou plusieurs trous avec des restes nombreux des clous de bronze qui décoraient la paroi intérieure de rédifice'. Ainsi il est certain que dans une antiquité reculée, quand la sculpture et la peinture n’étaient pas encore en usage pour la décoration des murs, on employait des plaques de métal poli pour donner à la fois de la splendeur et de la dignité aux habitations des riches.
Dans le trésor d’Atrée, le linteau de la porte est orné à l’extérieur de deux moulures parallèles qui descendent ensuite jusqu’au bas des jambages. Au-dessus du linteau on peut discerner des trous nombreux qui ont dù servir à fixer des ornements de bronze. Il y a encore beaucoup de ces trous sur le mur plat, au-dessus de l’entrée, preuve du soin particulier que l’on avait mis à la décoration extérieure de l’édifice. Au-dessus de l’entrée il y a une niche en forme de triangle équilatéral ; chacun des côtés de ce triangle a
10 pieds (3 mètres). Cette niche est construite comme la niche triangulaire qui surmonte la porte des Lions. C’est la disposition des assises en encorbellement qui forme la niche, et cette disposition ne peut avoir été adoptée que pour opposer une résistance à la masse du mur et l’empêcher de peser sur le linteau.
A l’extérieur, devant chacun des deux jambages, il y avait autrefois une demi-colonne, dont la base et le chapiteau étaient ornés de sculptures fantastiques dans le style persépolilaiii. Au milieu de la baie on peut voir les trous destinés à recevoir les gonds et les verrous des portes; sur la même ligne il y a une certaine ipiantité de trous ronds de ^ pouces (0"',05) de diamètre et de-! pouce
1. Pausanias (IX, xxxviii) dit de ce trésor : « I.e trésor de Minyas est le plus merveilleux édifice de la Grèce, et ne le cède à aiicuue œuvre d’art d’aucun autre pays. Voici comment
11 est construit ; il est en pierre et il a une forme circulaire ; l’ouverture de la voûte n'est ]ias très-allongée; on dit que la clef de voûte maintient ensemble toutes les parties de l'édifice. »
de profondeur. Dans chacun de ces trous il y en a deux autres petits destinés à recevoir des clous de bronze, dont il existe encore des fragments, et qui fixaient des ornements de forme circulaire.
A droite de la grande salle circulaire, une porte de 9 pieds l (‘^"',85) de haut sur 4 pieds 7 pouces (D'",38) de large conduit à une seconde chambre obscure, qui forme à peu près le carré; elle a 27 pieds (8“', 10) de long sur 27 pieds (8™,i0) de large et 19 pieds (5™, 7) de haut. Cette chambre est entièrement taillée dans le roc. Au-dessus de la porte il y a une niche triangulaire destinée, comme les autres, à empêcher la maçonnerie de peser de tout son poids sur le linteau. Il y a dans cette chambre une accumulation d’immondices de 3 pieds 1(1 ”',05) à 4 pieds (1”',20) d’épaisseur, composée surtout du détritus des fientes de chauves-souris. En pratiquant, il y a trois ans, deux tranchées dans cette chambre, j’ai découvert au centre une dépression circulaire, en forme de grande cuvette, de 1 pied 9 pouces (0“,53) de profondeur et de 3 pieds 4 pouces (1 mètre) de diamètre.
Près de cette cuvette je trouvai quelques grosses pierres calcaires travaillées, ce qui semble indiquer qu’il y avait autrefois un monument dans cette chambre; s’il en était autrement, la présence de ces pierres serait inexplicable.
Ce trésor est le monument le plus important et le seul complet des temps préhistoriques de la Grèce, ecrintérét qui s’y attache est d’autant plus grand, que la tradition l’attribue à Atrée, père d’Agamemnon, le roi des hommes.
DodwelP, en parlant de ce trésor et des autres qui sont plus . petits, dit : «r II est en outre parfaitement évidentque ces constructions s’appelaient et appartiennent à une époque anté-
rieure à ce genre d’architecture qui a en pour couronnement rinvention du tenqile dorique en Europe et du temple ionique en Asie. A mesure que cette dernière architecture fit des progrès, ce furent les temples qui servirent de trésors; ou bien, si l’on élevait des édifices spéciaux pour servir de trésors, ils empruntaient leurs
1. VoiififjecIas!^i(iue et topnfirapliifpie à traver?^ la Orece.