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CHARIOTS MYCÉNIENS ET HOMÉRIQUES

objets l’artiste a eu riiiteiition de représenter. Le char est tiré par un étalon, le monvement de ses jambes semble indiquer qu’il est lancé au galop b La queue de l’animal est dressée et ne se recourbe qu’à l’extrémité. Les jambes sont si trapues et la queue si épaisse eu proportion du corps, que, sans la forme de la tête, on pourrait croire que le sculpteur a voulu représenter un lion; d’autre part, les oreilles de cet étalon ressemblent plutôt à des cornes qu’à des

Fro. 140 rt. — Dessins de méandres à lignes droites et à lignes courbes.

oreilles de cheval. Juste devant le cheval un guerrier est debout ; de sa main droite il saisit la tête du cheval; dans sa main gauche, qui est levée, il tient une épée à double tranchant ; il semble plein d’angoisse; sa tête est représentée de profil, tandis que le corps est vu de face, sans aucun souci des règles de la perspective.

Pour remplir l’espace vide, l’artiste, au-dessous de cette figure et de celle du cheval, a sculpté des dessins de volutes, dont la deuxième, la troisième et la quatrième spirale sont plus développées que les cinq autres, parce qu’en cet endroit l’ailiste avait plus d’espace.

1. Comme on n’entend jamais parler de chars de l’àge héroïque attelés d’nn seul cheval, peutêtre celui-ci, dans l’intention de l’artiste inexpérimenté, est-il destiné à en représenter deux, l’un cachant l’autre. La môme remarque s’applique aux deux stèles (lig. il et 141).

FOUILLES A \1YCÈNES.

M. Postolakkas me fait remarquer que le eurieiix rubau eu relief qui est au-dessus du cheval ressemble à la pella lunata des Amazoues, telle qu’elle est représentée sur les aucieus vases. Ce rubau eu relief se compose de deux spirales liorizoutales opposées l’iiue à l’autre.

Le char nous offre im spécimen unique et très-précieux du char homérique, dont ou u’avait jusqu’ici qu’une idée confuse. La caisse du char {ndpivq) ne forme pas un demi-cercle, comme ou avait riiahitude de se l’imaginer d’après les sculptures de l’antiquité classique et d’après le char antique conservé au musée de Munich, mais elle est qiiadraugulaire. D’après Vlliade^ (XXIV, 190 et 267), ou voit que l’habitude était d’attacher la caisse sur le char toutes les fois que l’on voulait s’eu servir. Sur trois côtés de la caisse nous voyons une bande ou lîlet ; c’est sans aucun doute ce qu’Uomère “ désigne par le mot que le comte de Derby a traduit par

rail (barre).

Différent du char homérique des dieux, dont les roues (y.{jyly) avaient huit rayons, les roues du nôtre u’eu avaient que quatre, disposés en croix autour de l’essieu dpcplç) L Juste derrière

le guerrier qui est sur le char, il y a un signe très-curieux, dont la pnrtie inférieure se termine par un long crochet et la partie supérieure par une volute. M. Postolakkas me rappelle que ce même signe se rencontre fréquemment sur les médailles des familles romaines, par exemple, sur celles de Jules César, de

1. Homère se sert aussi du mot 7i£''ptv6a (qui ne se rencontre qu’cà l’accusatif) pour désigner la corbeille d’osier qui servait à assujettir la charge sur la charrette (à'fjia^a) ; ce sens du mot, qui est le sens primitif, peut servir à nous faire comprendre par induction quelle était aussi la forme du Tisîptvç dans le char (cf. OcL, XV, 131).

Ai'cppoç Ô£ '/pucréoiat xa\ àpyupsoiaiv i[i.aa'.v ewéraxai ’ ootai oè TrepiSpopoi avxoylç s’unv.

« Le char était suspendu sur des bandes d’or et d’argent, et tout autour courait une double bande ou filet. «

3. Mon ami, M. W.-S.-W. Vaux, appelle mon attention sur ce fait que cette roue à quatre rayons, ainsi que les roues à quatre rayons que nous voyons dans les figures 2i et 120 et dans celles des intailles mycéniennes décrites plus loin, est un caractère particulier aux monnaies grecques primitives. Les roues primitives ont six rayons chez les Égyptiens, les Éthiopiens et les Assyriens. Dans les sculptures persanes Akhéménides , on voit des chars dont les roues ont huit rayons.

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