EN CENTIMÈTRES
KM DIOPTRIES
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et seulement d.'une dioptrie de 60 à 70 ans. La dernière colonne du tableau 1 montre les perles accommodalives éprouvées dans les diverses décades.
§ 45. — A égalité de force accommodative, le myope voit de beaucoup plus près que l'emmétrope. Cela se comprend. A une distance où le myope n'a pas encore fait appel à cette force (car il n'en a besoin qu'en deçà du point le plus éloi gné de la vision distincte), l'emmétrope en a déjà utilisé une portion. Dont, au moment où celui-ci se trouve dans la gêne celui-là possède encore une réserve susceptible de faire les frais d'une vision plus rapprociiée. De môme, dans les myopies fortes, l'emploi de l'accommodation commençant plus
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tardivement que dans les faibles, il subsistera encore chez celles-là une portion disponible de cette force, alors que chez celles-ci il n'en existera pas autant. Plus la myopie sera forte, plus le pimctum proximum sera voism de 1 œil.
Le fait inverse se rencontre chez l'hyperope. Une partie de l'accommodation est utilisée, comme nous le verrons dans le chapitre suivant, à remédier à l'insuffisance de la réfraction statique de l'organe. Dès lors, à égalité d'accommodation, l'hyperope verra moins près que l'emmétrope, bi un emmétrope et un hyperope voient de près à la même dislance, cela prouve que ce dernier possède une accommodation plus grande que le premier.
a 44 La perte progressive de l'accommodation a pour conséquence l'obligation d'éloigner de plus en plus les objets de l'œil. Lorsqu'on cesse de voir distinctement a environ '22 centimètres, ce qui arrive à un emmétrope d'ordinaire un peu après 40 ans, on devient presbyte.
Un emmétrope, pour voir à 22 centimètres, a besoin d une accommodation de 4. 5 D (100 : 22^.4,5). S'il ne possède pas cette quantité d'accommodation, il ne peut distinguer nettement les objets situés à cette distance; car alors l'image des objets voisins va se faire en arrière de la rétine, exactement comme cela a lieu chez l'hyperope pour les objets lointains.
Presbytie, nous l'avons dit, ne saurait être synonyme d hyperopie; on ne doit pas lui opposer non plus la myopie, sous prétexte que, dans celle-ci, les images vont se former eu ayant de la rétine. Le pendant de la myopie est l'hyperopie; lune et l'autre sont des anomaUes de réfraction, tandis que la presbvtie, longtemps considérée comme telle, n'est qu un trouble d'accommodation. La myopie et l'hyperopie relèvent d'états anatomiques; la presbytie (ups^êu;, vieux) résulte d'un phénomène de sénilité atteignant une fonction
de l'œil. , , ,
La presbytie ne répond pas, comme les termes de myopie et d'hyperopie, à un état nettement défini. La dislance de 22 centimètres qu'on a choisie est arbitraire. En réalité, la
MYOPIE, ilYPEROPIE, ASTIGMIE.
presbytie n'a pas une limite d'âge bien fixe et ne correspond pas non plus à un éloignement bien déterminé du punctum proximum. Elle ne commence, en effet, que lorsqu'on ne peut plus travailler à la distance habituelle; elle varie donc selon la nature des occupations. Un homme, obligé de travailler à 30 centimètres, ne sent pas à 40 ans les atteintes de la presbytie, parce que à cet âge son punctum proximum est à '22 centimètres. Au contraire, un autre qui. lit d'ordinaire à 20 centimètres aura à ce même âge déjà à en souffrir; il lui faudrait 5 D. d'accommodation (100 : 20 = 5), et il n'en possède que 4, 5.
g 45. — La presbytie détermine certains phénomènes qui peuvent faire penser à l'apparition d'une maladie oculaire. Le sujet éprouve, surtout le soir à la lumière artificielle, de la difficulté à voir les petits objets. Il les éloigne à 50, 55 centimètres et même au delà, autant que l'exige le déplacement de son punctum proximum. Mais les objets très lins ne comportent pas un tel déplacement. Ils ne sauraient être vus au point pour lequel l'œil peut accommoder. Oue fait alors le presbyte? Il appelle à son aide les vives lumières qui, en rétrécissant les pupilles, diminuent l'étendue des images diffuses; ou encore il contracte fortement son luuscle ciliaire. Mais de tels efforts, s'ils produisent pour un instant l'accommodation nécessaire, conduisent à. la fatigue et parfois engendrent de véritables douleurs. Enfin, un moment survient où l'éloignement, la vive lumière, les efforts ne suffisent plus, il faut absolument que le patient vienne au secours de la nature en interposant entre ses yeux et l'objet du travail de légers verres convergents.
liien des personnes se figurent qu'elles ont tout intérêt à reculer le plus possible la prise des verres. Les raisons qu'elles invoquent sont multiples; aucune d'elles n'est valable. L'usage des verres bien choisis ne contribue nullement à accélérer la marche de la presbytie. Au contraire, c'est plutôt le moyen de ralentir ses progrès; c'est assurément un préservatif contre diverses maladies, A vrai dire, ces
MYOPIE, HYPEllOI'IK, ASTIGMIE
verres ont un inconvénient ; s'ils font bien voir de près, ils troublent la vision lointaine. Mais c'est là un petit désagrément qu'on arrive, du reste, bien vite à écarter à l'aide de divers stratagèmes : on baisse la tête; on place les lunettes ou le lorgnon de telle manière que le regard n"ait plus à traverser les verres lorsqu'il se porte sur un objet éloigné.
§ 46. — Le numéro des verres utiles à un presbyte est facile à calculer. Tant qu'un emmétrope a son punclum proximum à 22 centimètres et que partant il possède 4, 5 dioptries d'accommodation, il n'y a pas besoin d'être aidé dans un travail qui ne présente rien d'exceptionnel, La presbytie commence lorsque la force accoramcdative est inférieure à 4,5 dioptries. Alors le problème est de déterminer le verre convexe qui fournit la force réfringente manquante pour pouvoir travailler aisément à 22 centimètres. L'âge connu, on cherclie, sur le tableau II, l'accommodation cor-
Tableau II