ACCOMMODATION
QL'E 1,'ON POSSÈDE
DEGRÉS de la
PRESBYTIE
respondante; on soustrait le chiffre trouvé de 4,5 qui représente en dioptries la force réfringente nécessaire pour voir à 22 centimètres. Le résultat de l'opération indique le numéro du verre qui corrige la presbytie et en même temps le degré de cette dernière.
MYOPIE, Iiyi'EROPIE, ASTIGMIE.
Ou le voit, la presbytie, nulle à 40 ans, augmente d'une dioptrie tous les cinq ans jusqu'à 55 ans. A partir de cette époque, sa marche est moins rapide, elle ne progresse pour une même période de temps que d'une demi-dioptrie.
^ 47. — Tout ce que nous venons de dire est relatif à la presbytie chez un emmétrope. Mais l'hyperope et le myope peuvent devenir presbytes. C'est là une preuve de plus que l'hyperopie n'est pas la même chose que la presbytie et que la myopie n'est pas l'opposé de cette dernière.
La presbytie se comporte exactement chez les amétropes comme 'chez l emmélrope ; elle débute au même âge et son évohition consécutive est identique.
Le calcul théorique du verre correcteur de la presbytie chez un amétrope est fort simple.
S'il s'agit d'un hyperope, il faut d'abord rechercher le verre convexe qui corrige son hyperopie; on lui ajoute ensuite le verre nécessité par la presbytie. Si l'hyperopie est représentée par 5 et la presbytie par 2 dioptries, le verre â prescrire est le -h 5 dioptries.
Le sujet est-il myope? on procède de la même manière. On recherche et le degré de son anomalie et celui de la force accommodalive qui lui reste. Supposons qu'il ait 3 dioptries de myopie et que, âgé de 55 ans, il possède encore 1,5 dioptrie d'accommodation. Dans ce cas, les verres ne seront pas utiles. Que faut-il, en effet, de force réfringente pour que ce sujet puisse lire à 22 centimètres? Une force de 4,5 dioptries comme à l'emmétrope. Or, il les a à sa disposition : myope de 3 dioptries, il a en plus de l'emmétrope 3 dioptries de réfringence statique. Si l'on ajoute 3 à 1,5 n'arrive-t-on pas au chiffi'e exigé ?
Le même myope, s'il a 65 ans, aura bien besoin d'un verre convergent pour corriger sa presbytie. A cet âge, il ne reste que 0,50 dioptrie d'accommodation. Si l'on ajoute ce chiffre aux 5 dioptries de réfringence sous la dépendance du degré de myopie, cela ne donne un total que de 3,50 dioptries. Il faudra donc parfaire la différence existant
MYOPIE, HYPEROl'IE, ASTIGMIE.
entre 3,50 et 4,50 à l'aide d'un verre convexe d'une dioptrie.
Un myope de 4,5 dioptries n'aura jamais besoin de verres convexes, parce que, même dépourvu d'accommodation, il dispose toujours d'une force réfringente de 4,5 dioptries de plus qu'un emmétrope, ce qui lui permettra, à n'importe quel âge, de pouvoir lire facilement à 22 centimètres. La différence entre son état actuel et celui d'autrefois, c'est qu'il ne peut voir en deçà de 22 centimètres, ce dont, du reste, il n'a pas besoin.
g 48. — Que le lecteur ne croie pas que dans la pratique la correction de la presbytie soit une chose très simple, et qu'il suffit de connaître les relations existantes entre Tâge et la perte accomraodative. C'est là une donnée générale, souvent vraie, mais parfois très inexacte. La marche de la presbytie présente, en effet, des variations individuelles, dont il faut absolument tenir compte dans la prescription des verres. Mieux vaut laisser, de côté la question de l'âge, à la satisfaction de pas mal de gens, et aller à la recherche directe du verre qui donne la possibilité de lire à 22 centimètres. L'essai individuel s'impose, du reste, chez les personnes qui, par la nature de leurs occupations, sont obligées d'appliquer leurs yeux sur de très petits objets cl par conséquent à de très courtes distances. Les verres dont ces sujets ont besoin seront donc plus forts que ceux indiqués par leur âge. Des verres plus faibles, au contraire, seront préférés par les peintres, les musiciens et toutes les personnes qui travaillent à une distance plus grande que celle exigée par la lecture ordinaire. A d'autres points de vue, l'essai direct s'impose. On se croit souvent emmétrope alors qu'en réalité on est atteint d'un léger degré d'hyperopie ou de myopie, états qui modifient sensiblement le numéro du verre de la presbytie. Ou encore, on peut être emmétrope d'un œil et amétrope de l'autre, ce qui nécessite des verres différents. Ou bien 1 astigniie fait sentir ses effets en même temps que ceux de la presbytie; il convient alors de corriger les deux à l'aide de verres combinés. Parfois les premières fatigues de la vue qui
MYOPIE, HYPEROPIE, ASTIGMIE.
surviennent vers la quarantaine, sont uniquement dues à l'astigmie, et combattues bien à tort, dans l'ignorance de la véritable cause, par des verres convexes. Les verres cylindriques triomphent bien mieux de celte fatigue et possèdent en outre l'avantage de ne pas troubler la vision éloignée. L'usage de ces verres commencé à temps permet de reculer de plusieurs années les atteintes réelles de la presbytie et le port des verres convexes.
Voilà bien des raisons pour ne pas traiter la presbytie sans avoir pris l'avis de spécialistes, tant pour la première détermination des verres que pour celles nécessitées dans la suite par l'affaiblissement progressif de l'accommodation.