JO
Les écarts qui existent entre ces deux statistiques ne doivent pas surprendre, vu la différence des milieux où elles ont été recueillies. La première provient d'examens d'yeux de. jeunes gens bien portants; l'autre, de sujets de tout âge et de tout sexe. Nous voyons que dans la statistique de Dor, les légers degrés de myopie (1 à 5) y figurent pour 70,8 pour 100, les degrés moyens (5 à 6) 21,6, et les degrés élevés au-dessus de 6 dioptries 6,6 pour 100. Dans la nôtre, on trouvera respectivement pour ces mêmes degrés 55,6 — 27,4 — 59.
Toutes les statistiques montrent des myopies plus fortes •dans les degrés supérieurs de l'enseignement que dans les classes et écoles inférieures.
S'il faut en croire diverses recherclies, la myopie atteindrait rapidement des degrés plus élevés chez la femme que chez l'homme. AVidmarck a remarqué que, dans les classes supérieures, les jeunes fdles étaient plus myopes que les garçons, bien qu'elles missent plus de temps (1 à 2 ans) à l'étude des mêmes matières : il y en avait 54,28 pour dOO avec une moyenne de 2,51 dioptries. Cet observateur a également remarqué que la moyenne la plus élevée se trouvait dans une école de filles.
MYOPIE, IIVPEHOl'lE, ASTICMIE.
La statistique de Willy nous montre que, dans les classes correspondantes, la myopie élevée prédomine chez les filles.
La môme particularité s'observe dans la statistique d'Eperon (1 202 cas) : la myopie faible se rencontre de préférence chez les hommes (37 pour 100 H. et 28 pour 100 F.), la myopie forte particulièrement chez les femmes (ol pour 100 H., 41 pour 100 F.)-
En résumé, on peut dire que la myopie se présente plus souvent, atteint plus facilement un haut degré et se comidique plus fréquemment chez la femme que chez l'homme.
g 204. — L'amétropie, tout en étant la même sur les deux yeux, peut offrir dans chaque œil un degi'é différent. 11 y ;i anisométropie (àv, privatif, l'ffo;, égal, [xîrpov, mesure, ôrj;, œil). Cette particularité s'observe très rarement dans l'hyperopie; elle se rencontre, au contraire, plus souvent chez les myopes.
De Reuss a noté chez 41 pour 100 une myopie de même degré à droite et à gauche. Les myopies d'un degré inégal étaient plus élevées : 48 pour 100 à droite et 51,4 pour 100 à gauche.
Xr\l, sur 58,0 pour 100 de myopies inégales, a trouvé la myopie plus élevée : 55 pour 100 à droite et 45 pour 100 à gauche.
Albrecht, sur 1658 cas de myopie, a trouvé une myopie égale dans 40,5 pour 100 et une différente dans 59,5 pour 100 des cas. Parmi ces derniers, la myopie était plus forte dans 59,5 pour 100 sur l'œil droit et seulement dans 40,7 pour 100 des cas sur l'œil gauche.
Se"-o-el a rencontré une myopie égale dans 72 pour 100 des cas et inégale dans 28 pour 100. Elle étaitplus élevée, à droite, dans 60 pour 100 des cas, et, à gauche, dans 40 pour 100.
Eperon a trouvé, pour le degré moyen de la myopie scolaire : à droite, 3,5 dioptries et à gauche seulement 3,3 diopti'ies.
Ces divers chiffres montrent la fréquence des myopies
MYOPIE, IIYPIÎROPIE, ASTIGMIE.
inégales el. la prédominance d'une plus forte réfraction à droite.
L'écart entre la réfraction des deux yeux est très variable : il peut n'être que d'une dioptrie ou s'élever de 10 à J5 dioptries et parfois plus encore.
§ 205. — Les deux yeux ne présentent pas toujours le nièaie type de réfraction (antimétropie, de àvri, à l'opposite,
IXETpOV, 10'^).
Il est assez exceptionnel de rencontrer de l'emmétropie sur un œil et de l'hypéropie sur l'autre. L'examen subjectif révèle quelquefois cette association; mais si l'on prend la précaution de déterminer la réfraction à l'oplitalmoscope ou de ne procéder à l'examen subjectif qu'après avoir instillé de l'atropine, on constate d'ordinaire qu'une byperopie a pris la place de l'emmétropie.
Les cas où il existe sur un œil de la myopie et sur l'autre de riiyperopie ou de l'emmétropie sont relativement plus fréquents.
La myopie monolalérale se présente par rapport à la bilatérale dans la proportion d'environ Ib pour UIO. D'après un travail l'écent du docteur Manguis, fait sous notre direction (Steinbeil, éditeur), les trois quarts des myopies monolatérales sont compris entre 1 et 6 dioptries. Ce sont les myopies de 3 à 6 dioptries qui sont les plus fréquentes.
Bans les myopies inférieures à 6 dioptries, le sexe ne semble pas avoir une influence marquée; mais à partir de ce cbiffie, plus des deux tiers des myopes appartiennent au sexe féminin.
Si l'on considère la totalité des myopies, 57 pour 100 des cas étaient localisés à droite et 42 pour -100 à gaucbe; à partir de 6 dioptries, il y avait 8,2 pour 100 du côté gauche, et plus du double (18,1) à droite.
L'astigmie cornéenne s'est rencontrée 95 pour 100 sur l'œil myope et 91 ,2 pour 100 sur le non myope.
La fréquence de l'asymétrie augmente cà mesure que le degré myopique s'élève.
MYOME, IIYPEROI'IE, ASTIGMIE.
Les asligmies, à partir de 1 dioptrie, se rencontrent dans 47 pour 100 des cas; celles de 1 à 2 dioptries deviennent de plus en plus fréquentes à mesure que le degré myopique augmente; mais, à partir de "2 dioptries, elles semblent avoir une prédilection pour les myopies supérieures à 9 dioptries.
Chez les sujets atteints de myopie monolatérale, l'œil non myope présente une moyenne astigmique moins élevée que celle de l'œil myope, mais plus forte que la moyenne constatée chez les personnes dont les yeux sont exempts de myopie. Ce qui tendrait à faire penser que l'astigmie ne serait pas un produit de la myopie, mais du tempérament propre aux myopes.
La fréquence de l'astigmie horizontale et de l'oblique est à peu près égale à celle constatée dans la mvopie bilatérale (§ 170).
Les écarts dans la symétrie de l'astigmie des deux yeux d'un même sujet sont très fréquents.
Les croissants externes ont été notés dans 37,5 pour 100 des cas; les inférieurs, dans 26,2 pour 100; les obliques, dans 16,2 pour 100; les circulaires, dans 21,2 pour 100. Dans la myopie monolatérale, comme dans l'amblyopie monolatérale (§ 180), le croissant dirigé parallèlement à la direction de l'astigmie montre une fréquence exceptionnelle bien digne d'attirer l'attention; cette fréquence est ici de Ô9 pour 100.
Pour de plus amples détails sur la myopie monolatérale, nous renvoyons à l'article paru, en 1894, dans les Annales d'oculislique, t. GXII, page 5.